Pépe Balamou : « Nous dénonçons la commercialisation croissante de l’éducation»

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À l’occasion de la Journée mondiale de l’éducation, célébrée ce samedi 24 janvier 2026, le Syndicat national de l’éducation (SNE) a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de l’école publique en Guinée.

Dans une déclaration officielle, le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a rappelé que malgré les avancées technologiques, « des milliers de salles de classe restent vides par manque de moyens et d’enseignants », tandis que « des millions d’enfants et d’adultes restent encore privés d’éducation et de compétences de base ».

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Pour lui, l’avenir de l’éducation guinéenne repose autant sur les élèves que sur les enseignants. Il a souligné le rôle actif que doivent jouer les jeunes dans leur apprentissage : « L’élève ne doit plus être un spectateur mais un architecte de son avenir », a-t-il déclaré, dénonçant parallèlement la précarité des enseignants et l’insuffisance des investissements dans le secteur. « Nous ne pouvons pas innover dans la précarité. L’éducation n’est pas un coût, c’est l’unique engagement qui ne connaît pas la faillite. »

Michel Pépé Balamou a ensuite pointé du doigt la commercialisation excessive de l’éducation, qu’il estime fragiliser l’école publique, ainsi que le déficit de maîtrise des compétences de base chez de nombreux élèves : « Nous dénonçons la commercialisation croissante de l’éducation, qui est un bien public et non un marché pour les entreprises privées », a-t-il affirmé. Il a insisté : « Tant que nos apprenants ne maîtriseront pas les quatre compétences instrumentales de base — lire, écrire, compter et calculer — au préscolaire et au primaire, ainsi que la lecture, la rédaction, les mathématiques et les dissertations au collège et au lycée, nos universités continueront à former des diplômés qui ne savent même pas rédiger une demande de stage. Il faut donc investir dans l’enseignement de base. »

Enfin, le secrétaire général a appelé à une collaboration étroite avec le futur gouvernement pour mettre en œuvre des réformes concrètes et structurantes. « Nous osons espérer que les ministres qui seront reconduits ou nommés pourront véritablement travailler avec nous dans la structuration des réformes porteuses de résultats », a-t-il déclaré, plaidant pour une réorganisation des ministères de l’éducation, le renforcement du préscolaire et le soutien aux enseignants sur le terrain.

Le SNE appelle ainsi à un engagement réel de l’État et de toutes les parties prenantes pour restaurer la crédibilité de l’école publique et garantir un apprentissage de qualité pour tous les enfants guinéens.