Conseil de sécurité de l’Onu : Antonio Guterres appelle à mettre fin à « l’injustice» faite à l’Afrique

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Le constat est sans détour. Devant l’Assemblée générale des Nations Unies, ce mardi 22 septembre 2026, Antonio Guterres a remis au centre du débat la question de la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité. Pour le secrétaire général de l’ONU, l’absence de sièges africains permanents dans l’organe chargé de la paix et de la sécurité internationales n’est plus tenable.

« Lorsque l’ONU a été fondée, la majeure partie de l’Afrique était sous domination coloniale. Aujourd’hui, l’Afrique ne dispose toujours pas de représentation permanente au Conseil », a-t-il rappelé.

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Le chef de l’ONU a surtout choisi des mots particulièrement forts pour qualifier cette situation. « Au XXIe siècle, il est injuste et indéfendable qu’il n’y ait pas de sièges africains permanents au Conseil de sécurité. Cela doit changer », a-t-il lancé devant les représentants des États membres.

Cette déclaration intervient dans un discours consacré à une idée centrale : le pouvoir mondial évolue, mais les institutions internationales ne suivent pas au même rythme. Pour Guterres, les rapports de force qui structurent aujourd’hui la planète ne peuvent plus être durablement gouvernés par des institutions conçues dans le contexte de l’après-Seconde Guerre mondiale.

« Le Conseil de sécurité a été créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Mais le monde a changé du tout au tout depuis. Ces évolutions n’ont guère trouvé leur écho au Conseil de sécurité », a-t-il souligné.

Dans son intervention, Guterres ne présente pas la réforme du Conseil de sécurité comme une simple opération institutionnelle. Il la rattache directement à la légitimité du système multilatéral.

Le secrétaire général défend une ONU capable de refléter « les réalités et l’évolution progressive du poids relatif des pays et des économies dans le monde d’aujourd’hui – pas les rapports de force d’il y a 80 ans ».

Le message est particulièrement significatif pour l’Afrique, continent qui représente aujourd’hui une part majeure des États membres de l’ONU, mais qui reste absent de la composition permanente du Conseil de sécurité.

Cette question constitue depuis plusieurs années l’un des dossiers majeurs des débats sur la réforme de l’ONU. La revendication africaine porte notamment sur une représentation permanente et sur une présence accrue du continent au sein de l’organe décisionnel le plus puissant de l’Organisation.

« Sans deux poids, deux mesures »

Le plaidoyer de Guterres intervient également dans un contexte international marqué par plusieurs guerres et crises majeures. Dans son discours, il cite notamment Gaza, l’Ukraine, le Soudan et le Myanmar pour illustrer, selon lui, les limites actuelles du système international.

Il appelle les États à défendre la Charte des Nations Unies sans distinction entre les crises.

« Nous devons défendre la Charte, sans deux poids, deux mesures. Protéger les populations civiles sans exception. Garantir un accès humanitaire sans entrave. Protéger coûte que coûte le personnel humanitaire. »

Pour Guterres, la crédibilité du système multilatéral dépend précisément de sa capacité à appliquer ses principes de manière cohérente.

La réforme du Conseil de sécurité apparaît ainsi, dans son discours, comme l’un des éléments d’une transformation plus vaste de l’ordre international. Une transformation rendue nécessaire, selon lui, par l’émergence de nouveaux pôles économiques, politiques et technologiques.

Derrière la question d’un siège permanent se joue donc une interrogation plus large : quelle place l’Afrique entend-elle occuper dans le système international du XXIe siècle ?

Guterres estime que la réponse ne peut plus être différée.

Son message, à l’adresse de l’Assemblée générale, tient en une formule : les institutions internationales doivent désormais refléter le monde contemporain.

Pour le continent africain, l’enjeu dépasse la symbolique. Il touche directement à sa capacité à participer aux décisions qui concernent la paix, la sécurité et les grands équilibres internationaux.

Et sur ce point, le secrétaire général de l’ONU a choisi de ne laisser aucune ambiguïté : « Cela doit changer. »