La Coupe du monde 2026 s’est achevée dimanche sur le sacre de l’Espagne, victorieuse de l’Argentine en finale. Au lendemain de cette édition, la première organisée avec 48 sélections, le consultant sportif guinéen Thierno Saïdou Diakité livre son analyse des principaux enseignements du tournoi.
Nouveau format de la compétition, performances des sélections africaines, qualité de l’arbitrage, organisation conjointe par les États-Unis, le Canada et le Mexique, finale Espagne-Argentine et perspectives de réforme : le doyen du journalisme sportif guinéen revient sur les temps forts de ce Mondial et partage son regard sur les défis qui attendent le football international.
Entretien !
Guinée360 : La Coupe du monde 2026 s’est achevée dimanche avec le sacre de l’Espagne. Quels enseignements majeurs retenez-vous de cette édition ?
Thierno Saïdou Diakité : Cette édition du Mondial 2026, disputée dans un nouveau format, a été marquée par plusieurs innovations, notamment une coorganisation entre trois pays et la participation de 48 sélections, dont dix africaines. Malgré les progrès réalisés par les représentants du continent, il apparaît clairement qu’un écart de niveau subsiste encore entre les équipes africaines et les grandes nations européennes et sud-américaines.
L’Espagne a remporté le trophée en dominant l’Argentine en finale. Ce scénario vous a-t-il surpris ?
Ce qui m’a surtout surpris, c’est l’apathie de l’Argentine, pourtant championne du monde en titre. Au grand dam de ses supporters, elle n’a pratiquement pas justifié sa présence à ce stade de la compétition. Cela n’enlève rien au mérite de l’Espagne, qui a largement dominé cette finale et mérité son sacre.
La veille, l’Angleterre avait décroché la troisième place aux dépens de la France. Quel regard portez-vous sur cette rencontre et sur le parcours de ces deux sélections ?
Je rappelle que l’Angleterre ne figurait pas parmi mes favoris. Les Anglais ont fait preuve de beaucoup d’engagement et de détermination, notamment en première période. Après la pause, sans doute remobilisés par Didier Deschamps, les Français ont retrouvé des ressources pour tenter de revenir après avoir encaissé quatre buts avant la mi-temps. Malgré cette réaction, l’écart était déjà trop important.
Les sélections africaines n’ont une nouvelle fois pas réussi à atteindre les demi-finales. Comment expliquez-vous cette situation ?
Hormis le Maroc, demi-finaliste au Qatar en 2022, les équipes africaines ont été progressivement éliminées lors de cette édition. Cette contre-performance s’explique par le niveau actuel du football africain. Il appartient aux fédérations de travailler davantage sur le développement des compétitions locales, la formation des entraîneurs, la structuration des clubs et surtout le management. Nos gouvernements doivent également intégrer dans leurs politiques de développement la construction d’infrastructures sportives modernes et fonctionnelles, aussi bien dans les capitales que dans les villes de l’intérieur.
L’arbitrage a également suscité de nombreuses réactions. Quel bilan en faites-vous ?
Comme le disait le regretté Pathé Diallo, « l’arbitre est le dépositaire de l’arbitraire ». L’arbitre est appelé à prendre des décisions en temps réel, parfois à la seconde près. C’est justement pour limiter les erreurs que la VAR a été instaurée. Je pense qu’il faudrait davantage d’harmonisation entre les arbitres de champ et les assistants vidéo afin d’éviter les contestations et de préserver l’équité entre les équipes. Globalement, je considère que l’arbitrage de cette Coupe du monde a été satisfaisant. En revanche, je regrette la faible représentation des arbitres africains. Nos fédérations doivent investir davantage dans leur formation et leur qualification.
Si la FIFA vous donnait l’occasion de proposer des améliorations en vue du Mondial 2030, quelles seraient vos priorités ?
En prévision de la Coupe du monde 2030, organisée par l’Espagne, le Maroc et le Portugal, il serait souhaitable que la FIFA et les pays hôtes mettent en place une procédure plus efficace pour l’obtention des visas par les supporters. Il faudrait également mieux aménager le calendrier afin que les équipes qualifiées pour les quarts de finale et les demi-finales bénéficient de temps de récupération suffisants. Enfin, pour préserver sa crédibilité, la FIFA gagnerait à se démarquer davantage des autorités politiques sur certaines questions liées à l’organisation de la compétition.
Pour terminer, quelle note attribuez-vous à cette Coupe du monde 2026 ?
C’est une question difficile. Mais pour vous répondre, je lui attribue la note de 15 sur 20. Je prends en compte les difficultés rencontrées par de nombreux supporters pour obtenir leurs visas, le coût élevé des billets d’accès aux stades, ainsi que le scandale lié à l’annulation d’un carton rouge infligé à un joueur américain. Malgré ces insuffisances, cette Coupe du monde restera globalement une réussite.

