Ibrahima Balaya Diallo : « On aurait préféré que cette élection ne soit jamais organisée »

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Ibrahima Balaya Diallo, porte-parole du FFSG

Au lendemain de la proclamation des résultats définitifs des élections législatives et communales du 31 mai, le président du Forum civil guineen (FCG), Ibrahima Balaya Diallo, a livré son analyse. Pour cet acteur de la société civile, la décision de la Cour suprême ne constitue pas une surprise, puisqu’elle ne fait, selon lui, que confirmer les résultats provisoires déjà publiés par la Direction générale des élections (DGE).

Joint par Guinee360, ce samedi 20 juin 2026, Ibrahima Balaya Diallo estime que la haute juridiction s’est inscrite dans la continuité. « La Cour suprême n’a fait que confirmer ce qui avait été annoncé auparavant par la DGE. Je crois qu’on est dans une forme de continuité », a-t-il réagi.

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Sur les 147 sièges que compte désormais l’Assemblée nationale, le mouvement politique GMD et ses partis alliés en ont remporté 127. Une victoire écrasante que le président du FCG dit avoir anticipée, au regard des moyens dont disposait le camp présidentiel.

« C’étaient des résultats attendus. Parfois, on a même le sentiment qu’ils étaient préfabriqués. Est-ce que la très large victoire de la GMD me surprend ? Non, pas du tout. Ils avaient tous les moyens. On comprend aisément que les élections se gagnent aussi à travers les moyens. Pour preuve, aucun parti de l’opposition n’a bénéficié des subventions qui avaient pourtant été annoncées », a-t-il déclaré.

Cette configuration de la future Assemblée nationale suscite des inquiétudes chez Ibrahima Balaya Diallo, qui redoute un Parlement dominé par une seule tendance politique. « Quand vous dites que la GMD détient la majorité, cela risque de faire de l’Assemblée nationale une simple caisse de résonance de la GMD », a-t-il averti.

S’agissant des défis qui attendent les nouveaux députés, il invite toutefois à relativiser le rôle de l’institution parlementaire. « Je ne crois pas qu’il faille exagérer le rôle de l’Assemblée nationale. Sa mission est de voter les lois et de contrôler l’action du gouvernement. Mais est-ce que les députés oseront réellement contrôler certaines actions du gouvernement ? Je ne le crois pas », a-t-il estimé.

Revenant sur le déroulement du scrutin, Ibrahima Balaya Diallo affirme avoir été témoin de nombreuses irrégularités. Il évoque des cas de fraude et de falsification des résultats. « Cette élection, parfois, on a le sentiment qu’on aurait préféré qu’elle ne soit jamais organisée. Qu’on fasse simplement des consultations et qu’on désigne les députés et les maires. J’étais au cœur de ces élections en tant que cabinet-conseil. Il y a eu énormément de fraudes et des résultats ont été imposés. Pourtant, le président Mamadi Doumbouya avait déclaré : “J’ai besoin des résultats sortis des urnes” », a-t-il conclu.