Au lendemain de la proclamation des résultats définitifs des élections législatives du 31 mai par la Cour suprême, le président du Rassemblement pour la Renaissance et le Développement (RRD), Abdoulaye Kourouma, désormais député à l’Assemblée nationale, a livré sa lecture du scrutin. Selon les résultats définitifs proclamés vendredi 19 juin par la Cour suprême, le RRD a obtenu un siège sur les 147 que compte la nouvelle Assemblée nationale. L’installation des nouveaux députés est, par ailleurs, attendue dans un délai de 30 jours, au cours duquel sera élu le président de l’institution ainsi que les membres de son bureau.
Entre appel au dépassement des clivages politiques, plaidoyer en faveur du renforcement des institutions et ambitions assumées pour la nouvelle législature, l’ancien parlementaire trace les contours de son engagement. Dès l’entame de son intervention, Abdoulaye Kourouma a salué le bon déroulement du processus électoral ainsi que les efforts des autorités de la transition. Pour lui, le temps n’est plus aux contestations, mais à l’action en faveur du développement du pays.
« Je pense que la page des élections est tournée. Si nous devons parler de quelque chose, ce ne doit plus être des résultats, mais de la manière dont nous devons nous mettre ensemble pour travailler dans le sens du progrès et accomplir la mission que le peuple nous a confiée, à savoir le contrôle de l’action gouvernementale et le vote des lois », a-t-il déclaré.
Le nouveau député estime que la mise en place d’institutions solides constitue un levier essentiel pour renforcer la confiance des partenaires économiques et attirer des investissements durables. « Cette institution qu’on appelle le Parlement est la bienvenue. C’est elle qui rassure les investisseurs crédibles. Lorsqu’un pays ne dispose pas d’institutions légales et fonctionnelles, les investisseurs sérieux hésitent à s’y engager », a-t-il soutenu.
Interrogé sur une éventuelle candidature à la présidence de l’Assemblée nationale, Abdoulaye Kourouma est resté prudent, rappelant que l’élection du président de l’institution dépendra avant tout des équilibres politiques et des soutiens dont bénéficieront les différents candidats. « Pour la présidence, le soutien de la majorité, celui du président de la République et de son équipe comptent énormément », a-t-il expliqué.
S’il ne s’est pas officiellement déclaré candidat au perchoir, le président du RRD n’a toutefois pas caché son intérêt pour un poste de responsabilité au sein du bureau de l’Assemblée nationale. « Cela demandera beaucoup de négociations et de consultations, puisque les membres du bureau sont élus par les députés. Il est possible que je sois candidat à un poste au sein du bureau. J’y ai toujours siégé par le passé et aujourd’hui, nous ne sommes plus dans l’adversité. Nous sommes désormais une équipe », a-t-il affirmé.
Abordant la question de la répartition des responsabilités au sommet de l’État, Abdoulaye Kourouma a plaidé en faveur d’une gouvernance plus inclusive, tenant compte des équilibres régionaux.
Illustrant son propos par une métaphore, il a comparé la Guinée à « une voiture à quatre roues », représentant les quatre grandes régions naturelles du pays : la Basse-Guinée, la Moyenne-Guinée, la Haute-Guinée et la Guinée forestière. « Aujourd’hui, notre pays compte quatre grandes institutions. Gouverner, c’est arbitrer. J’aurais souhaité que, dans un souci d’équité et de partage des responsabilités, chacune de ces composantes soit prise en compte. Nous sommes tous prêts à accompagner les autorités pour faire avancer la Guinée, et j’espère que cet équilibre sera également pris en considération », a-t-il conclu.

