Une tournée parlementaire menée du 13 au 30 septembre 2026 a permis de recenser les principales difficultés auxquelles sont confrontées les populations de Tougué. Parmi les urgences relevées dans le rapport présenté aux ressortissants de la préfecture ce dimanche 18 octobre 2026 à Conakry figurent la fermeture de huit écoles, le manque de personnel de santé et l’insuffisance des infrastructures routières.
À Tougué, le manque d’enseignants prive de nombreux enfants d’accès à l’école. Selon le rapport issu de la tournée parlementaire du député uninominal de cette préfecture, huit établissements scolaires ont fermé entre 2025 et 2026, faute de personnel enseignant. Pour y remédier, le déploiement de 24 enseignants supplémentaires est nécessaire.
Ces chiffres ont été présentés lors d’une séance de restitution organisée à Conakry à l’intention des ressortissants de Tougué. À l’origine de cette initiative, le député Ibrahima Kaba Baldé, qui a parcouru les dix communes de la préfecture du 13 au 30 septembre dernier pour recueillir les préoccupations des populations.
L’objectif était de faire remonter les besoins exprimés sur le terrain, avant de transmettre le rapport à l’Assemblée nationale et aux départements sectoriels concernés. Une première restitution avait déjà été organisée le 1er octobre 2026 à l’échelle préfectorale, avec les maires, les sous-préfets, les services déconcentrés et les représentants de la société civile.
Au-delà des huit écoles fermées, le rapport fait état d’importants besoins en infrastructures scolaires. Il préconise notamment la construction de 15 salles de classe préscolaires, ainsi que la construction et l’équipement de trois écoles.
Le document relève également la présence d’écoles fonctionnant sous des hangars, encadrées par des enseignants communautaires ou contractuels, ainsi que 14 établissements vétustes nécessitant une rénovation.
Face à cette situation, le député a lancé une alerte sur les conditions d’accès à l’éducation dans sa préfecture natale. « Nos écoles sont fermées faute d’enseignants », a-t-il déclaré, en évoquant plus largement les difficultés auxquelles les populations sont confrontées.
Le secteur sanitaire figure également parmi les priorités recensées au cours de cette tournée. Selon le rapport, la préfecture de Tougué a besoin de 99 agents de santé, notamment des médecins et des sages-femmes. La plupart des structures sanitaires fonctionneraient avec des volontaires.
Pour répondre à ce déficit, la commission chargée du recensement des besoins propose notamment d’engager des échanges avec le ministère concerné en vue du recrutement et de l’affectation de nouveaux agents.
Les infrastructures administratives ne sont pas en reste. Le rapport fait état de besoins de rénovation de dix bâtiments administratifs et de dix blocs administratifs. La construction et la réhabilitation de maisons de jeunes figurent également parmi les préoccupations recensées.
Sur le plan routier, le document évoque plus de 138 kilomètres de routes à reprofiler, ainsi que des ponts à construire. Pour Ibrahima Kaba Baldé, l’amélioration de l’accessibilité de Tougué constitue un préalable au développement économique et social de la préfecture.
Le député a salué le vote intervenu le 17 octobre dernier à l’Assemblée nationale en faveur de la réalisation de la route Labé-Tougué, longue de plus de 160 kilomètres. Il y voit une avancée majeure pour une préfecture confrontée depuis longtemps aux difficultés d’accès. « À travers votre vote d’hier pour la réalisation de la route Labé-Tougué, longue de plus de 160 kilomètres, vous avez contribué à sortir notre préfecture du trou. C’est le projet de l’année pour tout le monde », a-t-il déclaré devant les ressortissants.
Il a également évoqué d’autres axes routiers dont la réalisation permettrait de désenclaver plusieurs localités, notamment la route Kouratongo-Tougué, via Tangaly, ainsi que le tronçon reliant Dalaba, Bodié, Kankalabé, Fatako, Koïn et Tougué. Il a enfin cité l’axe en direction de la frontière avec le Mali.
Le député a exprimé l’espoir que ces projets contribuent à freiner le départ des jeunes vers les zones minières. « Nos jeunes, en situation de désespoir, sont dans les mines. Ils sont à Siguiri, ils sont à Bamako, ils sont partout dans les mines. Parfois, ils ne reviennent pas », a-t-il regretté. Il estime que l’amélioration des infrastructures pourrait favoriser le retour de ces jeunes et faire de Tougué une ville carrefour.
Au-delà des routes, des écoles et des structures sanitaires, le rapport aborde d’autres secteurs, notamment l’agriculture, l’élevage, l’habitat et l’urbanisme.
Pour le développement agricole et pastoral, Ibrahima Kaba Baldé préconise de soutenir la mécanisation agricole, de structurer les coopératives et de promouvoir la transformation locale des produits. Il plaide également pour des formations professionnelles adaptées aux réalités locales, un meilleur accès des jeunes au financement et le développement d’activités génératrices de revenus.
L’amélioration de l’accès à l’eau potable, l’électrification et le renforcement des services sociaux de base figurent aussi parmi les axes stratégiques retenus. Le député souhaite, par ailleurs, maintenir un lien permanent entre les élus et les citoyens afin que les préoccupations exprimées par les populations soient prises en compte dans les décisions publiques.
Après les échanges avec les populations et la restitution organisée au niveau préfectoral, la présentation aux ressortissants constitue une nouvelle étape avant la transmission du rapport aux institutions concernées. « Nous avons sillonné les dix collectivités et recensé les préoccupations, collectivité par collectivité. Le rapport sera mis à la disposition des ressortissants, des services sectoriels et de l’Assemblée nationale, afin que les actions prioritaires qui y sont contenues soient exécutées et profitent réellement à cette population », a expliqué le député.

