Lors de la cérémonie de prestation de serment du président Mamadi Doumbouya, tenue ce samedi 17 janvier 2026, le président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a solennellement rappelé au nouveau chef de l’État les exigences constitutionnelles liées à sa fonction, en insistant particulièrement sur les rapports devant désormais structurer les pouvoirs exécutif et législatif.
Dans son allocution, Fodé Bangoura a souligné la portée historique du moment. « En cet instant où la nation vous confie sa destinée, il est de mon devoir non seulement de recevoir votre serment, mais aussi de vous rappeler l’immensité de la charge qui pèse désormais sur vous », a-t-il déclaré. Il a rappelé que la Constitution de 2025, présentée comme le socle du renouveau démocratique du pays, ne se limite pas à définir des prérogatives, mais impose au président des responsabilités majeures. « Vous êtes l’incarnation de l’État (…) le symbole vivant de l’unité nationale », a-t-il affirmé, évoquant un pays marqué par sa diversité mais fragilisé par les divisions du passé.
Le président de la Cour suprême a également mis l’accent sur le fonctionnement institutionnel du nouveau régime, notamment les relations avec le Parlement désormais bicaméral. Selon lui, le chef de l’État partage l’initiative législative avec l’Assemblée nationale et le Sénat, promulgue les lois votées et peut s’adresser aux deux chambres par message. S’il a reconnu que la Constitution confère au président le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale, Fodé Bangoura a insisté sur « l’esprit de collaboration » qui doit prévaloir, en particulier avec le Sénat, appelé à jouer un rôle consultatif dans les nominations aux hautes fonctions de l’État.
Abordant enfin la question de la justice, il a rappelé au président Doumbouya son obligation de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, sans ingérence, avec l’appui du Conseil supérieur de la magistrature. Il a également évoqué le droit de grâce, présenté comme « l’ultime recours d’humanité » entre les mains du chef de l’État.
Un discours empreint de solennité, qui fixe le cadre institutionnel et les attentes placées dans le mandat du nouveau président.
