Avant la prestation de serment du président de la République, Mamadi Doumbouya, le président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a tenu à rappeler solennellement au chef de l’État élu l’importance du respect scrupuleux de la Constitution et de la loi.
S’exprimant devant les responsables des institutions, le corps diplomatique et le peuple de Guinée, il a souligné que l’élection présidentielle, proclamée par la Cour suprême le 4 janvier 2026, confère au président une légitimité démocratique indéniable, mais qu’elle s’accompagne d’obligations majeures.
Pour Fodé Bangoura, la légitimité électorale ne constitue qu’un point de départ et doit impérativement s’exercer dans le respect de l’État de droit. Insistant sur la place centrale de la Constitution adoptée le 26 septembre 2025, il a rappelé au président élu la portée de la Loi fondamentale.
« La Constitution de 2025 sur laquelle vous allez prêter serment dans un instant n’est pas un simple document juridique. Elle est la boussole de notre vivre-ensemble. Elle a été forgée dans la résilience de notre peuple et porte l’espérance d’une République refondée, vertueuse et juste. »
Le président de la Cour suprême a également mis l’accent sur le respect de l’équilibre des pouvoirs, principe cardinal de la nouvelle République, mettant en garde contre toute concentration excessive du pouvoir.
« Cette loi fondamentale institue un équilibre des pouvoirs que vous aurez le devoir impérieux de respecter. En tant que clé de voûte des institutions, il vous appartiendra de veiller à ce que l’exécutif, le législatif et le judiciaire concourent, chacun dans sa sphère, à l’idéal commun, sans jamais empiéter sur les prérogatives des autres. Monsieur le Président, la justice, au nom de laquelle je m’exprime ce jour, sera votre alliée tant que le droit sera votre guide. »
Fodé Bangoura a souligné que le serment présidentiel engage juridiquement et moralement le chef de l’État à soumettre l’action publique à la règle de droit. Il a rappelé que seule une justice indépendante peut garantir la paix sociale et la stabilité institutionnelle.
« Nous attendons de vous que vous soyez le premier garant de cette indépendance, non par la protection des juges, mais par la soumission de l’État lui-même à la règle de droit. Le serment que vous allez prononcer est un engagement d’honneur devant la nation et devant l’histoire qui vous lie juridiquement et moralement. »
C’est sur ce rappel ferme au respect de la Constitution que Mamadi Doumbouya a été invité, conformément à l’article 59 de la Constitution, à se présenter devant la Cour suprême pour prêter serment.

