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Faya Milimouno: « Alpha Condé, la haute trahison, Kiridi Bangoura, le fraudeur et Boureima Condé, la honte »

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Le président du parti Bloc Libéral tient le président Alpha Condé comme « premier responsable de la crise politique actuelle » marquée par l’expiration du mandat des députés et le retard de la finalisation de l’installation des conseillers communaux. Faya Milimouno étanche Boureima Condé de l’Administration du territoire,  » le ministre de la honte » et s’en prend à Kiridi Bangoura, « le fraudeur par excellence » des élections et avec qui on est jamais sûr de la transparence d’un scrutin en Guinée. Faya fustige également les députés de l’opposition qui s’accommodent à la violation de la Constitution et les met en garde contre le risque de continuer à siéger au parlement après que leur mandat ait expiré.

Interview !

Guinee360: Le mandat des députés de l’Assemblée nationale a expiré depuis le 13 janvier 2019. Et les élections législatives ne sont toujours pas tenues. Quel est votre avis?

Faya Milimouno: notre avis, au Bloc Libéral (BL) c’est que notre pays est en train de reculer sur le plan de la démocratie et sur le plan de l’état des droits. Quoique tout le monde devait savoir, au début d’année 2018, le BL avait envoyé des mémos à l’opposition républicaine. Mais il n’y a jamais eu des réactions. Donc nous nous sommes exprimés par une déclaration pour interpeller toute la classe politique à l’effet que la crise pointait à l’horizon et qu’il fallait poser des actes pour l’éviter. Aujourd’hui, on est là dans. C’est fait exprès. C’est des petits calculs politiciens. C’est bien malheureux. Le premier responsable de cette réalité c’est Alpha Condé qui a prêté serment en vertu de l’article 35 de la Constitution dont les obligations sont définis notamment à l’article 45 auquel la Cour constitutionnelle a fait allusion dans son arrêt sur l’Assemblée nationale. Malheureusement pour nous, la Cour constitutionnelle se réserve de dire que s’il y a des choses dans la Constitution que le président de la République devait faire ou faire faire et qu’il n’a pas faites que cela l’exposait à des sanctions prévues par notre Constitution en son article 119. On devait entendre de la Cour constitutionnelle que le président était exposé à une accusation de haute trahison parce que le principe constitutionnel de la régularité des élections n’aura pas été respecté. Ce qui est grave ce que même du côté de l’opposition on s’y accommode.

L’opposition a promis de « réfléchir » avant de prendre une décision . Vous n’y croyez pas?

Je ne crois même pas qu’on soit en train de réfléchir. C’était à dire qu’on est en train d’être mené en bateau. Alpha est dans son agenda, il pose des actes et puis on suit. Tout député de l’opposition qui va continuer à siéger va exposer son parti à l’isolement parce que nous ne coopérerons pas avec de gens qui banalisent la Constitution guinéenne.

Malgré la prorogation du mandat des députés par le chef de l’État ?

La Constitution n’a prévu des questions de prorogation que dans une situation de calamité naturelle, de guerre ou de rébellion. Or, nous ne sommes pas dans ces cas là. C’est juste un refus de respect de la Constitution. Mais il faut comprendre que le BL ne coopérera pas avec ceux qui sont en train de se battre uniquement pour leur intérêt personnel.

Que comptez vous faire pour la tenue des élections législatives?

Nous sommes en train de préparer une déclaration. D’ici lundi, vous nous entendrez à la Maison de la presse. Pour ce qui nous concerne, ce que le président a fait est nul et de nul effet. C’est même nous prendre pour des enfants quand j’entends certains députés évoquer le Règlement intérieur qui prévoit que l’Assemblée nationale reste en place jusqu’à l’entrée d’une nouvelle. C’est comme si aujourd’hui tant que les élections ne sont pas organisées les députés sont là et pouvaient rester jusqu’à 30 ans et se faire remplacer par leurs enfants. Ils n’en ont plus la légitimité. On ne peut pas se substituer au peuple. Le peuple est le seul qui demeure souverain sur certaines questions. C’est le peuple qui doit élire les députés. Si les élections ne sont pas tenues, le président doit être comptable de cela.

Admettez-vous quand même qu’un éventuel refus des députés de l’opposition ne va pas empêcher la majorité présidentielle de continuer à siéger à l’hémicycle?

Que les députés de la majorité présidentielle siègent. Et que le peuple de Guinée se retrouve et prépare un rapport de force, on peut les dégager de là. Lorsque Blaise Compaoré a voulu s’entêter pour modifier la Constitution pour se maintenir, il y avait aussi ces députés au parlement entrain de concocter. Les jeunes sont allés les dégager de là et Blaise a foutu le camp. Il faut que nous montrions la détermination que nous ne voulons plus que la République de Guinée soit banalisée. Il faut laisser les députés de la mouvance aller siéger et que l’opposition de manière ferme quitte l’Assemblée et qu’on exige du président la mise en place de la période transitoire parce qu’il doit répondre de cela. Mais, lorsque l’opposition émiette ses forces parce que les uns veulent courir derrière un salaire, une prime… C’est l’article 82 et 83 qui gère la question d’intervention du président de la République dans le domaine de la loi. Mais c’est une délégation de l’Assemblée qui en détermine le délai. Mais faut il que cette Assemblée soit légitime, légale pour déléguer une partie de des pouvoirs. Donc Alpha Condé ne fait pas procéder par ordonnance, il a fait des petits calculs politiciens et il doit payer de ça. Toute partie de l’opposition qui va lui emboîter le pas est en train d’encourager du n’importe quoi dans le pays. Nous ne pensons pas que ce genre de parti devait être pris au sérieux.

Êtes-vous optimiste quand à la tenue des élections législatives pendant le premier trimestre 2019?

Il y a des préalables à cela. C’est pour cette raison en début d’année 2018, nous avons effectivement publié cette déclaration pour alerter. Il y avait des préalables. À la limite, au BL, on s’en foutait pas mal que cet audit se fasse. Parce qu’en fait, l’audit, on perdait énormément de temps et beaucoup d’argent que le pays n’a pas. Dans tous les cas, on savait que la conclusion de l’audit serait que tout le monde revienne devant les Carle (Centre administratif de recensement sur les listes électorales). Alors, on devait l’exiger pour permettre aux élections législatives de se faire. Aller aux élections avec ce fichier c’est suicidaire. Avec Alpha Condé même et ses hommes comme Kiridi Bangoura qui est un falsificateur, le fraudeur spécialiste par excellence. Même s’il y a un fichier propre ce n’est pas sûr que les élections seront propres à plus forte raison lorsque nous avons ce fichier que nous avons aujourd’hui. Il y a aussi autre chose qui devait exister pour qu’on parle d’élection au premier trimestre. Est ce qu’il y a l’argent ? Avez vous eu la curiosité de regarder dans le budget que ces députés périmés ont adopté?

Les ministres du Budget et de l’Economie et des finances ont déclaré que le budget des élections ne devrait pas figurer dans la Loi des finances.

C’est comme si les élections n’étaient pas quelque chose que devait faire le gouvernement. On prend les Guinéens pour des enfants ou des écervelés. Alors que nous avons une élection dont le délai est dépassé et que tu dises qu’on n’a pas besoin de mettre dans le Budget l’argent pour l’organisation des élections. Où on doit avoir le budget? Honnêtement, on a à faire à de gens proches de délinquants qui nous dirigent. Il n’y a d’argent, ni pour la révision du fichier électoral, ni pour les élections. Je ne suis pas sûr qu’il y aura élection en 2020. Si les gens emboîtent le pas à Alpha Condé, on ouvre la voix à une autre prorogation cette fois-ci de son propre mandat en 2020.

La nouvelle Ceni a été composée. Que pensez vous de la nouvelle configuration ?

Il faut d’abord relever que ce n’est pas conforme à la loi. On devait avancer vers une Ceni technique. Dans la loi, on a introduit des critères: il faut avoir participé aux deux dernières élections nationales et avoir au moins deux députés à l’Assemblée. Il y a des partis qui n’ont pas participé aux deux dernières élections nationales qui sont représentés à la Ceni. L’Upr n’a pas participé aux deux dernières élections nationales et n’a pas deux députés à l’Assemblée. La NGR n’a pas participé à la présidentielle de 2015 et n’a qu’un député qui vient d’intégrer la Ceni. Ce n’est pas conformément à la loi, mais conformément à du n’importe quoi. Quand j’ai écouté Boureima Condé, le ministre de la honte, expliquer ce que participation veut dire, il pense que dans la population guinéenne il n’y a que des enfants ou des fous. Pour lui, la participation ce n’est pas seulement avoir des candidats c’est même soutenir quelqu’un. Alors tout le monde a participé parce que chacun a soutenu un candidat.

Quel était l’objet de votre réunion en début de semaine avec Sidya Touré de l’Ufr, Ousmane Kaba du Pades, Bah Oury…?

J’ai été appelé à participer à une réunion, j’étais personnellement malade. J’ai désigné quelqu’un qui m’a fait le compte rendu. Il est question de penser à la naissance d’une autre plateforme politique qui ne s’est pas encore clairement définie. C’était une réunion de prise de contact. Il y a encore beaucoup à faire pour encore voir émerger une plateforme de ce genre. Les intentions ont été exprimées. Mais de l’intention à l’acte, il y a souvent beaucoup de chose c’est pourquoi je ne vais pas m’aventurer tellement que la classe politique guinéenne est ce qu’elle est.

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