Le Mouvement démocratique libéral (MoDeL) a réagi aux déclarations du ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, qui évoquait récemment la possibilité d’une grâce présidentielle en faveur de Aliou Bah.
Dans une interview accordée à Africaguinee, le ministre avait indiqué que l’obtention d’une grâce présidentielle obéissait à des procédures précises impliquant plusieurs acteurs. « L’obtention d’une grâce présidentielle répond à un certain nombre de procédures et de démarches. […] Mais une telle démarche implique également d’autres acteurs, notamment ses avocats, sa famille ou encore ses proches. […] Aliou Bah lui-même peut entreprendre cette démarche », avait-il déclaré.
Ces propos ont suscité une réaction du MoDeL lors de son assemblée hebdomadaire tenue ce samedi 13 juin. Son porte-parole, Moïse Diawara, a affirmé que son parti n’était pas resté inactif depuis l’arrestation de son président. « On a suivi et je crois que ce n’est pas la première fois que nous constatons une telle sortie de Ousmane Gaoul, porte-parole du gouvernement », a-t-il déclaré.
Selon lui, il n’est plus pertinent de s’interroger sur les démarches entreprises par le parti pour obtenir la libération d’Aliou Bah. « Mais aujourd’hui, vous nous posez la question de savoir si le MoDeL a entrepris des actions allant dans le sens de ce qu’il a dit, je pense que ce n’est pas opportun pour nous. Parce qu’en réalité, c’est déjà le cas tous les jours », a-t-il soutenu.
« Les avocats ont déjà épuisé les recours »
Le porte-parole du MoDeL estime que les conseils d’Aliou Bah ont déjà présenté tous les arguments juridiques possibles devant les différentes juridictions saisies. « Par exemple, comment un avocat peut fournir une fois encore l’effort pour obtenir la libération d’un client qu’il a défendu aux différents procès ? Les avocats ont déjà plaidé devant les juges. Il n’y a pas ce qu’ils n’ont pas dit pour obtenir la libération de notre président, Aliou Bah », a-t-il souligné.
Moïse Diawara a également rappelé les actions menées par le parti depuis l’incarcération de son leader. « Nous, en tant que MoDeL, on a organisé des meetings, on a organisé pas mal d’activités pour réclamer la libération de notre président. Il n’y a pas quelqu’un qui, aujourd’hui, se reconnaît en nous qui n’a pas exprimé son indignation. Peut-être, on croit avoir compris ce qu’il veut dire, mais pour nous, en tant que parti politique, c’est entre autres ces actions-là qu’on peut entreprendre pour obtenir la libération d’un président. Surtout en tant que légaliste », a-t-il déclaré.
Revenant sur l’arrestation d’Aliou Bah, intervenue le 24 décembre 2024, le responsable politique a insisté sur la mobilisation du parti et de ses avocats dès les premières heures de la procédure. « Depuis que Aliou Bah a été arrêté, le 24 décembre 2024, on n’a pas croisé les bras. Aussitôt, un pôle d’avocats a été mis en place et qui a pris en main le dossier et qui a défendu et qui a prouvé à l’opinion nationale et internationale par A plus B le caractère infondé de son dossier. Aujourd’hui, on n’a pas à tergiverser. Tout ce qu’on demande maintenant, c’est sa libération, parce que ça a été prouvé par les avocats qui ont défendu le dossier, qu’il est injustement détenu », a-t-il affirmé.
Le porte-parole du MoDeL s’est interrogé sur la nécessité d’accomplir de nouvelles démarches pour obtenir la remise en liberté de son président. « Comment quelqu’un qui est injustement détenu, quelqu’un qui n’a rien fait, en réalité, est-ce qu’on a encore d’autres formalités à remplir pour obtenir sa libération ? », a-t-il demandé.
Selon lui, le parti est resté dans le strict respect de la légalité et n’a entrepris aucune action en dehors du cadre prévu par la loi. Par ailleurs, Moïse Diawara a rappelé que les avocats ont saisi la Cour suprême de Guinée après les décisions rendues par les juridictions inférieures. « Quand le verdict final a été rendu, les avocats ont interjeté appel au niveau de la Cour suprême. Ce que nous attendons aujourd’hui, c’est que la Cour suprême se prononce sur son dossier. Mais jusqu’à présent, nous n’avons pas encore obtenu gain de cause », a-t-il expliqué.
Pour le responsable du MoDeL, les acteurs politiques doivent privilégier les voies légales lorsqu’ils contestent une décision judiciaire. « Nous sommes appelés à être des exemples. Nous sommes appelés à être de futurs dirigeants. Il ne faudrait pas que chaque fois qu’un citoyen est concerné par la justice, on envisage forcément d’autres manœuvres pour obtenir sa libération », a-t-il indiqué.
Moïse Diawara a comparé la situation d’Aliou Bah à celle d’autres personnes ayant recouvré la liberté malgré des accusations parfois plus lourdes. « On entend parler de la libération de beaucoup de personnes. Je ne sais pas vraiment où est la différence. Qu’est-ce qu’Aliou Bah a fait ? Il n’est ni un commis de l’État, ni quelqu’un qui a détourné. On a vu des gens qui ont été accusés de ceci et de cela, de faits avérés ou non avérés, mais qui obtiennent la liberté », a-t-il conclu.

