TPI de Mafanco : « On voulait lui faire peur », plaident les prévenus dans la mort de Karim Mansaré

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Poursuivis pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », Boubacar Diallo, maître de garage, ainsi que trois de ses apprentis , Alpha Oumar Diallo, Abdourahim Diallo et Aguibou Diallo, ont comparu ce mardi 12 mai 2026, devant le tribunal de première instance de Mafanco.

À la barre, les quatre prévenus ont reconnu les faits, tout en soutenant qu’ils n’avaient jamais eu l’intention de tuer Karim Mansaré.

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Premier à être entendu, Alpha Oumar Diallo est revenu sur les circonstances ayant conduit au drame. « Le dimanche, nous l’avons trouvé au garage en train de desserrer une batterie. On lui a demandé pourquoi il était venu là-bas. On lui a demandé le numéro de ses parents parce qu’il refusait de nous répondre. Dans un premier temps, il a donné un numéro incomplet et, la deuxième fois, un autre avec trop de chiffres. Finalement, on a décidé de lui donner une leçon en le frappant parce qu’on a été trop victimes de vol », a-t-il déclaré.

Le prévenu affirme toutefois que la situation leur a échappé. « On ne pensait pas que ça allait arriver à ce niveau, sinon on l’aurait amené directement au commissariat », a-t-il poursuivi.

Interrogé par la présidente du tribunal sur la violence des coups portés à la victime, il a répondu : « On lui a donné des coups au dos (…) Je n’étais pas le seul à lui donner des coups. Il a reçu des coups pendant 5 à 7 minutes (…) il y avait beaucoup de personnes. »

À son tour, Boubacar Diallo a également reconnu sa participation aux violences. « Quand je suis arrivé à l’atelier, j’ai trouvé qu’ils avaient déjà attrapé le voleur. On a été trop victimes de vol. Personnellement, je lui ai administré un coup avec la croix du véhicule et les enfants ont utilisé les mêmes croix de véhicule pour le frapper », a-t-il expliqué.

Le maître de garage insiste cependant sur l’absence d’intention homicide. « On l’a frappé pour lui faire peur (…) pas pour que mort s’ensuit », a-t-il déclaré, avant de solliciter le pardon de la famille de la victime ainsi que celui de la justice.

Abdourahim Diallo a, lui aussi, reconnu avoir porté des coups à Karim Mansaré. « Je suis venu au garage, je l’ai attrapé personnellement. Entre-temps, mes collègues étaient déjà arrivés. On lui a demandé pourquoi il était là. On lui a demandé de nous donner les contacts de sa famille, mais il a donné des contacts incorrects. On lui a dit que s’il ne donnait pas de bonnes informations, on allait le frapper. Entre-temps, notre maître était déjà allé chercher les gendarmes. On lui a donné 10 à 15 coups. Notre intention, c’était de lui faire peur, pouvoir rentrer en contact avec sa famille et le relâcher. On l’a frappé pour lui faire peur et le laisser partir, pas pour le tuer », a-t-il affirmé.

Même version chez Aguibou Diallo, qui a déclaré : « On lui a attaché les mains. On a décidé de le frapper 10 à 15 coups pour le faire parler. »

Le prévenu reconnaît toutefois l’échec de cette méthode. « On l’a frappé sans obtenir de réponse, on regrette nos actes », a-t-il dit devant le tribunal.

Au cours des débats, le ministère public a insisté sur la gravité des faits, rappelant qu’« on parle de mort d’homme ».

De son côté, la défense a sollicité la mise en liberté provisoire de Boubacar Diallo pour des raisons de santé. Une demande à laquelle le parquet s’est opposé, réclamant une caution de cinq millions de francs guinéens en cas de remise en liberté.

Après délibération, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté de Boubacar Diallo et renvoyé l’affaire au 20 mai prochain pour les réquisitions et plaidoiries.