Poursuivi pour un présumé détournement de 78 milliards de francs guinéens, l’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mandian Sidibé, a comparu ce mercredi 10 juin 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), aux côtés de son ancien directeur administratif et financier (DAF), Aboubacar Sidiki Konaté, et de Pépé Haba.
À la barre, les trois prévenus ont rejeté en bloc les accusations portées contre eux et ont plaidé non coupables.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 31 décembre 2024, Mandian Sidibé est actuellement hospitalisé à l’hôpital national Ignace Deen en raison de problèmes de santé. Au cours des débats, ses avocats ont attiré l’attention de la Cour sur ses conditions de détention et les frais liés à son hospitalisation. « Le détenu Mandian Sidibé paie 9 millions par mois pour sa cabine de soin à l’hôpital Ignace Deen », a déclaré Me Sékou Traoré.
L’avocat a souligné que son client assume personnellement les frais de son séjour hospitalier, malgré son placement dans cet établissement sur décision de justice. « Monsieur le Président, vous constaterez que Mandian Sidibé en tant que détenu, c’est lui-même qui paie la cabine qu’il occupe à l’hôpital. Vous avez reçu le paiement versé au dossier de la procédure. Malgré qu’il a été placé dans ce centre hospitalier par une ordonnance rendue par la CRIEF, nous sommes étonnés que ce soit lui qui paie ses frais d’hospitalisation », a soutenu la défense.
Au-delà de la question des frais médicaux, Me Sékou Traoré a longuement plaidé pour l’exécution d’une ordonnance accordant à son client une liberté provisoire sous contrôle judiciaire.
Selon lui, cette décision a été rendue le 6 janvier 2026 et régulièrement notifiée à toutes les parties concernées, y compris au parquet spécial. « Cette ordonnance n’a fait l’objet d’aucun recours. Nous avons même versé au dossier des procès-verbaux de non-recours établis par les services compétents. Pourtant, six mois après, cette décision demeure inexécutée », a affirmé l’avocat.
La défense estime que cette situation aggrave davantage les difficultés auxquelles fait face l’ancien patron de l’OGP. « Depuis plus d’un an, Mandian Sidibé est privé de liberté. Son état de santé ne cesse de se dégrader et il doit pourtant supporter seul des charges médicales importantes alors qu’il ne dispose d’aucune activité génératrice de revenus », a fait valoir Me Traoré.
S’appuyant sur la dégradation de l’état de santé de son client et sur l’existence de cette ordonnance de mise en liberté provisoire, l’avocat a demandé à la Cour et au parquet spécial de faciliter son exécution. « Nous sollicitons respectueusement que cette ordonnance soit enfin exécutée afin que notre client puisse regagner son domicile sous contrôle judiciaire. Cela lui permettrait au moins d’être soulagé du poids financier de son hospitalisation, en attendant une prise en charge médicale adaptée », a plaidé la défense.
À l’issue de l’audience, la demande de mise en liberté provisoire n’a toutefois pas été examinée favorablement. La CRIEF a décidé de renvoyer le dossier au 15 juin prochain pour la poursuite des débats.

