Affaire de la relance de la Sotelgui : le parquet requiert 10 ans de prison contre Oyé Guilavogui

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Oyé Guilavogui, ancien ministre des postes et télécommunications

La phase des réquisitions et des plaidoiries dans l’affaire liée à la relance de la Sotelgui, opposant l’ancien ministre Oyé Guilavogui à l’État guinéen, s’est tenue ce mercredi 10 juin 2026 devant la Chambre de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

À l’ouverture de l’audience, le représentant de l’Agent judiciaire de l’État (AJE), Me Antoine Pépé Lamah, a pris la parole pour présenter ses observations. Dans sa plaidoirie, il a rappelé que l’ancien ministre avait bénéficié d’une autorisation judiciaire pour se rendre à l’étranger afin de recevoir des soins médicaux, avant de ne plus revenir en Guinée.

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« Oyé Guilavogui a bénéficié d’une autorisation de la justice pour aller se faire soigner. Depuis, il n’est jamais revenu. Il a ainsi trahi la confiance de la Cour et s’est soustrait à la justice. Ce prévenu a fatigué tout le monde. C’est un dossier qui dure depuis trois ans », a-t-il déclaré.

De son côté, le parquet spécial de la CRIEF, après avoir brièvement retracé le parcours professionnel et académique du prévenu, a présenté ses réquisitions. Selon l’accusation, sur les 50 millions de dollars destinés au projet de relance de la Sotelgui, seuls 38 millions de dollars auraient été justifiés, tandis que 12 millions de dollars resteraient sans justification.

Le ministère public a également évoqué des faits présumés d’enrichissement illicite, estimant que les revenus déclarés du prévenu ne permettraient pas de justifier certains montants relevés au cours de l’enquête.

« Sur les 50 millions de dollars, seuls 38 millions ont été justifiés. Les 12 millions restants demeurent sans explication. Concernant l’enrichissement illicite, les montants relevés sont de 10,5 milliards de francs guinéens durant son passage comme ministre et de 13,5 milliards de francs guinéens lorsqu’il occupait les fonctions de ministre d’État », a soutenu le parquet.

Au terme de ses réquisitions, le ministère public a demandé à la Cour de condamner Oyé Guilavogui à dix ans d’emprisonnement, au paiement d’une amende de 50 milliards de francs guinéens, ainsi qu’à la délivrance d’un mandat d’arrêt à son encontre.

Il convient de préciser que la défense n’a pas pris part à cette phase des débats.

Le verdict est attendu le 1er juillet 2026.