Directeur de publication du journal L’Alternance, le journaliste malien Youssouf Sissoko a été arrêté puis placé en détention à Bamako le 5 février 2026. Il est poursuivi pour « offense à un chef de l’État étranger », à la suite de la publication d’un article intitulé : « Le général Tiani sous le coup de l’émotion accuse Macron, Ouattara et Talon. »
Le texte incriminé est signé Sambou Sissoko, analyste politique vivant en exil et connu pour ses positions ouvertement critiques à l’égard des régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel (AES).
L’article revient sur des déclarations du président nigérien, le général Abdourahmane Tiani, prononcées après l’attaque de la base aérienne 101, située à proximité de l’aéroport international Diori Hamani, survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026.
À cette occasion, le chef de l’État nigérien avait mis en cause des dirigeants étrangers, déclarant : « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara. Nous les avons suffisamment écoutés. Vous voyez qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter. »
L’arrestation de Youssouf Sissoko relance le débat sur la liberté de la presse au Mali et sur les limites de la responsabilité pénale des directeurs de publication pour des écrits signés par des contributeurs externes.


