Quelques mois après le début de son premier mandat à la tête de la Ve République, Mamadi Doumbouya fait de la rigueur une exigence dans la mise en œuvre du programme Simandou 2040. Lors de la session du Conseil ministres tenue ce jeudi 3 septembre 2026, le chef de l’État a décliné cinq exigences qu’il présente comme « non négociables ».
Ces priorités portent notamment sur la discipline dans l’exécution des projets, la qualité de la dépense publique, la maturation préalable des projets, le contenu local et l’emploi des Guinéens, ainsi que la présence des membres du gouvernement sur le terrain.
Le président de la République a également exigé un suivi régulier de l’exécution physique et financière des projets et prévenu qu’il ne tolérerait « ni le gaspillage, ni la dépense de prestige, ni les marchés attribués en marge des procédures ».
Ci-dessous, l’intégralité de son message.
Avant de commencer, je tiens à réitérer mes remerciements à Son Excellence Monsieur Adama Barrow Président de la République de Gambie, pour la visite d’amitié et de travail qu’il vient d’effectuer dans notre pays.
Je voudrais, en votre nom à tous et au nom du peuple souverain de Guinée, lui exprimer notre gratitude fraternelle. Sa présence parmi nous, pour la deuxième fois en moins d’une année, dit mieux que tout discours la solidité des liens qui unissent nos deux Républiques sœurs.
Ces liens ne sont pas une construction diplomatique récente: ils sont faits d’une histoire partagée, d’une proximité géographique et de parentés humaines et culturelles qui précèdent nos États eux-mêmes.
Nos échanges ont été francs et féconds. Ils ont porté sur le renforcement de notre coopération économique et sociale, sur la facilitation des échanges entre nos populations, ainsi que sur les questions d’intérêt commun qui engagent la stabilité et la prospérité de notre sous-région. Mais je veux être clair sur un point, et il vaut bien au-delà de cette seule visite: l’amitié entre les peuples se mesure aux réalisations, non aux communiqués.
Je demande donc au Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’Étranger de me soumettre, dans un délai de quinze jours, une feuille de route opérationnelle traduisant les conclusions de cet entretien en engagements datés, chiffrés et assignés.
Les départements ministériels la concernés: Plan et Coopération internationale, le Commerce, les Transports, la Pêche et l’Économie maritime, l’Énergie y apporteront leur concours sans délai. Mon message portera pour l’essentiel sur l’exigence de rigueur dans la conduite de la mise en œuvre de notre projet de société: le programme Simandou 2040.
Nous sommes quarante-huit heures du 5 septembre. Cette date nous rappelle d’où nous venons et, surtout, ce que nous continuons à faire pour le bien-être de nos populations. La Refondation n’est pas un slogan: c’est un contrat que nous avons passé avec le peuple souverain de Guinée, et Simandou 2040 en est la traduction opérationnelle.
Ce programme n’appartient ni à un homme, ni à un gouvernement, ni à une législature. Il appartient à la Nation. Il engage les générations qui viennent. Et c’est précisément pour cette raison qu’il ne souffre aucune approximation.
Je veux donc, réaffirmer aujourd’hui, avec vous cinq exigences non négociables:
Première exigence: la discipline dans l’exécution. Chaque projet et chaque réforme inscrits au portefeuille Simandou 2040 sont assortis de jalons et d’échéances. Ces jalons ne sont pas indicatifs. Je veux, à compter de ce mois, un tableau de bord mensuel d’exécution physique et financière, transmis au Secrétariat Général du Gouvernement et au Comité Stratégique de Simandou. Les taux d’exécution seront examinés en Conseil.
Deuxième exigence : la qualité de la dépense publique. Nous avons mobilisé, auprès du secteur privé, des financements d’une ampleur inédite dans l’histoire de notre pays. Cette confiance nous oblige. Chaque franc guinéen engagé doit produire un résultat visible, mesurable et vérifiable. Je ne tolérerai ni le gaspillage, ni la dépense de prestige, ni les marchés attribués en marge des procédures.
Troisième exigence : maturation préalable des projets. Aucun projet ne sera plus inscrit ni financé sans étude de faisabilité complète, sans montage juridique sécurisé, sans plan de maintenance. Nous avons trop souvent, par le passé, inauguré ce que nous n’étions pas en mesure d’entretenir.
Quatrième exigence : le contenu local et l’emploi des Guinéens. Les investissements que nous accueillons doivent former nos concitoyens, les employer et les faire monter en compétence. C’est tout le sens de la Simandou Academy. Je demande un point d’étape trimestriel sur les engagements de contenu local souscrits par chacun de nos partenaires.
Cinquième exigence : la présence sur le terrain. Un ministre ne gouverne pas depuis son bureau. Je veux vous voir sur les chantiers, dans les préfectures, dans les sous-préfectures, dans les districts et les villages au contact des populations dont vous avez la charge.
Pour finir, Mesdames et Messieurs les Ministres, Notre pays est aujourd’hui regardé. Nos partenaires nous observent, nos voisins nous observent, et notre peuple, plus que tous, nous observe.
Nous avons démontré que la Guinée sait attirer les capitaux et tenir ses engagements. Il nous reste à démontrer que nous savons transformer ces capitaux en écoles, en routes, en hôpitaux et en emplois.
Je compte sur l’engagement de chacune et de chacun. de La rigueur que je vous demande, je me l’applique d’abord à moi-même tous les jours.

