Comment les très petites et moyennes entreprises (TPME) guinéennes peuvent-elles tirer profit de la révolution numérique et de l’intelligence artificielle pour accéder aux opportunités économiques générées par le programme Simandou ? C’est autour de cette problématique que s’est tenue la plénière VIII de la 5e édition du Salon des entrepreneurs et de l’emploi de Guinée (SADEN).
Réunissant plusieurs experts du numérique et de l’innovation, ce panel a constitué un cadre privilégié d’échanges sur les défis, les perspectives et les leviers d’intégration des technologies émergentes dans l’économie guinéenne.
Parmi les intervenants, Rose Pola Pricemou, conseillère chargée des Nouvelles Technologies et de l’Intelligence artificielle à la Présidence de la République, a mis en avant le potentiel du génie technologique national. Elle a notamment salué les performances récentes de jeunes Guinéens qui ont décroché le titre de vice-champions du monde lors d’un concours international organisé par Huawei.
Dans son intervention, elle a souligné la place stratégique du numérique dans le cadre du programme Simandou. Selon elle, sur les 122 projets identifiés dans la première phase de mise en œuvre du programme, plusieurs accordent une importance particulière aux technologies numériques, considérées comme un moteur essentiel de développement économique et d’innovation.
La responsable a également insisté sur la nécessité de démocratiser l’accès aux outils numériques afin de permettre aux commerçants, artisans et petites entreprises de mieux saisir les opportunités offertes par la transformation digitale.
« Est-ce que nous avons des start-up capables de développer des algorithmes permettant à un commerçant de Madina de demander à une intelligence artificielle, dans sa langue maternelle, de lui préparer un dossier de candidature pour répondre à un appel d’offres publié sur la plateforme publique Telemo ? », a-t-elle interrogé devant l’assistance.
Avant d’ajouter : « C’est vers cela que nous devons aller. »
Rose Pola Pricemou a par ailleurs rappelé que la Guinée est devenue le premier pays francophone d’Afrique à adopter la démarche AILA du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), un mécanisme d’évaluation destiné à mesurer le niveau de préparation des États à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les politiques publiques et le développement économique.
De son côté, Mountaga Keïta, fondateur et CEO de Tulip Industries, a démontré, exemples à l’appui, que l’intelligence artificielle s’impose désormais comme un outil incontournable de croissance, de productivité et de compétitivité pour les petites et moyennes entreprises.
À travers les différentes interventions, cette plénière a mis en évidence une conviction largement partagée : la révolution numérique et l’intelligence artificielle représentent une opportunité historique pour les TPME guinéennes. En renforçant leur compétitivité, en facilitant leur accès aux marchés et en améliorant leur capacité d’innovation, ces technologies pourraient leur permettre de se positionner durablement sur les nombreuses opportunités économiques qu’offre le programme Simandou.

