Le gouvernement sénégalais essuie un revers à l’Assemblée nationale. Le projet de loi n° 40/2026 portant loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026 a été rejeté ce mardi 3 novembre 2026, lors d’une séance présidée par le vice-président de l’institution, El Malick Ndiaye.
Pourtant réexaminé en commission des finances, le texte n’a pas convaincu les députés de la majorité, dominée par les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Ces derniers ont maintenu leurs réserves sur les prévisions budgétaires présentées par le gouvernement.
Le sort du projet a été scellé après l’adoption d’une question préalable introduite par le député de Pastef Amadou Ba. Cette procédure a permis aux parlementaires de rejeter le texte sans passer à l’examen de son contenu. Le scrutin a enregistré 109 voix pour, 20 contre et 3 abstentions.
Parmi les principales critiques formulées par les députés figure le manque de sincérité budgétaire. Ils estiment que les chiffres avancés par le gouvernement ne reflètent pas fidèlement la situation des finances publiques et que le texte ne peut, dans ces conditions, être adopté en l’état.
Le Pastef remet notamment en cause le niveau du déficit budgétaire, évalué à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB). Pour les députés de la majorité, ce taux serait surestimé.
Ce désaccord parlementaire intervient alors que le Sénégal attend encore le feu vert définitif du Fonds monétaire international (FMI) pour un financement de 2,2 milliards de dollars. Le rejet de la LFR pourrait compliquer les discussions avec l’institution financière et retarder les perspectives de déblocage de ce financement.
Ce revers est d’autant plus notable qu’il vient de la majorité parlementaire elle-même. Le gouvernement devra désormais trouver une réponse aux réserves exprimées par les députés de son propre camp.

