L’absence de longues files d’attente devant les bureaux de vote a suscité de nombreuses interrogations lors du double scrutin législatif et communal du 31 mai. Interpellée sur la question, la Directrice générale des élections (DGE), Djenabou Touré, a assuré que cette situation ne traduisait pas un faible engouement des électeurs, mais résultait plutôt d’une meilleure répartition des inscrits entre les bureaux de vote.
Selon elle, avec près de 6,95 millions d’électeurs répartis dans plus de 23 000 bureaux de vote à travers le pays, chaque bureau accueillait en moyenne moins de 300 électeurs.
« Nous ne sommes plus dans les configurations où un bureau de vote regroupait 700, 800 ou même 1 000 électeurs. Aujourd’hui, la moyenne tourne autour de 290 électeurs par bureau, ce qui réduit naturellement les files d’attente. »
Malgré cette faible affluence visible dans plusieurs centres, la DGE se montre confiante quant au niveau de participation enregistré lors du scrutin.
« Les statistiques que nous recevons sont vraiment satisfaisantes. L’affluence observée en fin de journée, notamment à l’intérieur du pays, nous rassure sur le fait que le taux de participation sera au rendez-vous. »
Les chiffres définitifs devraient être connus après le traitement des données provenant des 375 circonscriptions électorales communales et des 50 circonscriptions législatives.
La responsable de la DGE a également reconnu des difficultés logistiques ayant retardé l’ouverture de certains bureaux de vote.
Selon elle, les fortes pluies enregistrées dans plusieurs localités ont perturbé la distribution du matériel électoral, notamment à N’Zérékoré, Mandiana, Kérouané et dans certaines communes de Conakry.
« La distribution du matériel n’a pas été facile dans plusieurs zones à cause des intempéries. Cela a provoqué un décalage dans le retrait et l’acheminement du matériel électoral, entraînant des retards dans l’ouverture de certains bureaux de vote. »
Pour compenser ces contretemps, la DGE a décidé de prolonger les opérations de vote jusqu’à 19h30 dans les zones concernées.
Djenabou Touré a par ailleurs salué le déroulement global du scrutin, affirmant qu’aucun incident majeur n’avait été enregistré sur l’ensemble du territoire.
« Nous sommes arrivés au terme de cette journée sans incidents majeurs signalés. Quelques incidents mineurs ont été constatés par endroits entre militants de candidats, mais ils n’ont eu aucun impact sur le déroulement du scrutin. »
Elle a également félicité les citoyens pour leur comportement durant cette journée électorale.
« Le peuple de Guinée vient une nouvelle fois de démontrer sa maturité en matière de participation électorale. »
La Directrice générale des élections a rappelé l’ampleur de l’organisation mise en place pour ce double scrutin.
« Il y a eu 16 722 centres de vote et 23 679 bureaux de vote qu’il fallait ouvrir simultanément. Il a fallu acheminer les documents électoraux, installer les urnes et les isoloirs, mobiliser les équipes et sensibiliser les acteurs. »
Selon elle, plus de 120 000 membres de bureaux de vote ont été mobilisés sur l’ensemble du territoire national, avec l’appui d’observateurs nationaux et internationaux, d’organisations indépendantes et des médias accrédités.
Concernant la phase post-électorale, Djenabou Touré a indiqué que plus de la moitié des Commissions administratives de centralisation des votes (CACV) avaient déjà entamé leurs travaux.
Les procès-verbaux, listes d’émargement et autres documents électoraux sont progressivement acheminés vers les commissions compétentes sous la supervision des magistrats chargés de présider les CACV.
La patronne de la DGE a également mis en avant l’implication des organisations de la société civile, des associations de personnes vivant avec un handicap, des médias et des partenaires institutionnels dans les campagnes de sensibilisation.
« Tout le monde a été associé en amont. Cette synergie entre les institutions, la société civile et les médias est une expérience que la Guinée peut exporter. »
Elle a par ailleurs assuré que les critiques formulées durant le processus électoral sont analysées par une cellule de veille médiatique. « Lorsqu’on travaille, il faut accepter d’être critiqué. L’essentiel est d’écouter, d’analyser et d’en tirer les enseignements nécessaires. »

