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Mise en conformité des partis : le PEDN dénonce un calendrier “précipité”

Par Amadou Dioulde Diallo
1 mars 2026 à 09:30
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Lansana Kouyaté, leader du PEDN

Lansana Kouyaté, leader du PEDN

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Le Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN) a réagi à la demande de conformité adressée aux partis politiques par le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation. Bien qu’il se dise favorable au principe d’assainissement du paysage politique guinéen, le parti de Lansana Kouyaté critique la méthode ainsi que le délai fixé
par le département.

Dans un entretien accordé à Guinee360, le porte-parole du parti, Ousmane Kankou Kaba, affirme partager l’objectif de structuration du champ politique guinéen. Selon lui, les exigences liées à l’implantation nationale des partis, à la conformité administrative et à la promotion de la représentativité des femmes vont dans le sens d’un meilleur encadrement de la vie politique.

« Vouloir que les partis politiques se mettent en conformité avec la République est une très bonne chose. L’implantation dans les préfectures et la représentativité des femmes constituent également des avancées importantes pour la crédibilité du système partisan », souligne Ousmane Kankou Kaba.

Cependant, il estime que la démarche aurait nécessité une phase de concertation plus poussée avec les acteurs concernés, notamment pour permettre une appropriation effective du nouveau texte.

Le principal point de friction reste la date butoir du 25 mai, que le PEDN considère comme trop proche au regard des exigences formulées. « Lorsqu’il s’agit d’une nouvelle loi, il faut d’abord la partager avec les partis, leur laisser le temps d’en prendre connaissance et de s’organiser. Une transition juridique ne peut pas se faire dans la précipitation. Le travail demandé est important et nécessite des démarches administratives et organisationnelles qui ne peuvent pas être bouclées en quelques semaines », explique le porte-parole.

Selon lui, un délai plus large permettrait aux formations politiques de présenter des dossiers complets et conformes, évitant ainsi des décisions fondées sur des insuffisances purement procédurales.

Sans accuser directement les autorités, le PEDN dit craindre que la rigidité du calendrier n’aboutisse à l’écartement de certaines formations du jeu politique. « Le caractère impératif du délai peut être perçu comme excessif et donner l’impression qu’il existe une volonté d’exclure certains partis. Ce serait très déplorable pour la démocratie, car tous les acteurs doivent être traités sur un pied d’égalité », avertit Ousmane Kankou Kaba.

Concernant sa propre situation, le PEDN affirme avoir déjà satisfait à plusieurs critères lors des précédentes opérations d’évaluation des partis politiques, notamment en matière de siège national et de documents administratifs. « Nous avons déjà fourni un certain nombre de pièces lors des évaluations antérieures et nous disposons de structures locales. Nous pouvons satisfaire à l’essentiel des exigences, mais cela doit se faire dans la sérénité et avec un délai raisonnable pour intégrer les nouvelles dispositions», précise le porte-parole.

Le parti reconnaît néanmoins que certaines obligations nouvelles nécessitent des ajustements organisationnels. Au titre des recommandations, le PEDN insiste sur la nécessité d’une large campagne d’information autour de la nouvelle loi et d’échanges directs entre l’administration et les partis politiques. « Le ministère doit vulgariser le texte, organiser des séances de travail avec les partis pour expliquer les innovations et accorder un temps d’adaptation suffisant. Cela permettra une application apaisée et inclusive, évitant les malentendus et les tensions inutiles », préconise Ousmane Kankou Kaba.

Au-delà des aspects techniques, cette séquence révèle les tensions qui entourent la recomposition du paysage politique en Guinée. Entre volonté d’assainissement affichée par les autorités et crainte d’exclusion exprimée par certains acteurs, la mise en œuvre du nouveau cadre juridique apparaît comme un test pour la crédibilité et l’inclusivité du processus politique.

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