Le président de l’Assemblée nationale, Dansa Kourouma, a rappelé aux députés les règles qui encadrent l’utilisation des langues nationales dans l’hémicycle. Il s’est exprimé le samedi 24 octobre 2026, alors que le gouvernement présentait le projet de loi de finances rectificative 2026 devant les parlementaires.
À l’origine de cette mise au point, notamment, les réponses de certains députés en langues nationales lors de l’appel nominal, en lieu et place du traditionnel « présent ». Pour Dansa Kourouma, le français doit rester la langue de travail de l’institution, en particulier pour les élus qui savent le lire et l’écrire.
« La langue de travail de l’Assemblée nationale est le français. Je voudrais que tout député sachant lire et écrire s’abstienne de s’exprimer dans une langue autre que le français, qui est notre langue de travail », a-t-il déclaré.
Le président de l’institution n’entend toutefois pas exclure les langues nationales des débats parlementaires. Il reconnaît que certaines interventions peuvent nécessiter le recours à une autre langue, notamment lorsque le sujet abordé ou les termes employés sont difficiles à restituer en français.
Dans ce cas, le député concerné devra en informer le président de séance par l’intermédiaire d’un secrétaire de séance. Cette démarche doit permettre de prendre les dispositions nécessaires pour que ses propos soient compris par l’ensemble des participants.
La même possibilité est prévue pour les parlementaires qui ne savent ni lire ni écrire en français. Selon les modalités exposées par Dansa Kourouma, ils pourront s’exprimer dans la langue de leur choix, à condition d’en avertir au préalable le président de séance. Il appartiendra ensuite à celui-ci de veiller à ce que leur intervention soit accessible aux autres députés, aux membres du gouvernement et au public.
Le recours aux langues nationales pourrait également se justifier dans les débats portant sur certains sujets sensibles. Dansa Kourouma a notamment cité l’excision, une question de société pour laquelle la maîtrise des termes et des réalités culturelles peut être déterminante. Un député qui estime pouvoir s’exprimer plus clairement dans une langue nationale pourra donc le faire, à condition de respecter la procédure annoncée.
L’enjeu, insiste le président de l’Assemblée nationale, est de garantir la compréhension des échanges par toutes les personnes concernées, qu’il s’agisse des élus, des représentants du gouvernement, des invités ou de l’opinion publique.
Dansa Kourouma a par ailleurs reconnu que les députés étaient encore en phase d’apprentissage des textes et des pratiques de l’institution. Les écarts par rapport aux règles doivent ainsi être corrigés progressivement, le temps que chacun se familiarise avec le fonctionnement de l’Assemblée.
Ces consignes sont appelées à s’appliquer dans l’attente de l’adoption de la loi portant Code linguistique de la République de Guinée, qui doit préciser davantage les règles relatives à l’usage des langues. « Je demande donc que ces mesures soient appliquées en attendant la mise en place de la loi portant Code linguistique de la République de Guinée », a-t-il conclu.
Cette mise au point intervient dans un contexte où la place des langues nationales dans les institutions publiques reste une question importante. Si le français demeure la langue de travail parlementaire, le président de l’Assemblée nationale entend ménager des possibilités de recours aux autres langues lorsque les circonstances l’exigent. La manière dont ces dispositions seront appliquées dans les séances à venir permettra d’en mesurer concrètement la portée.
Que dit la Constitution ?
L’article 5 de la Constitution guinéenne précise : « les langues nationales et le français sont les langues officielles de la République de Guinée. Le français est la langue de travail. L’État assure la promotion de l’enseignement des langues nationales. Il garantit la traduction des lois et des actes officiels de la République dans les langues nationales. »

