L’atelier de validation du Programme de réformes des finances publiques (PREFIP) 2026-2030 a pris fin ce jeudi 22 octobre à Conakry, après deux jours de travaux. Ouverte la veille par la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, la rencontre a abouti à une validation technique du document, sous réserve de l’intégration des recommandations formulées par les participants.
À la clôture, le secrétaire exécutif de la Cellule technique de suivi des programmes de réformes des finances publiques (CTSP-RFP), Dr Mamadou Barry, s’est félicité de la mobilisation des participants et de la qualité des échanges.
Il a également salué l’accompagnement du programme AMRIC et la contribution de l’expert chargé d’appuyer l’élaboration des documents soumis à validation. « À l’issue de nos discussions, nous retenons la validation technique du PREFIP 2026-2030, sous réserve de la prise en compte des recommandations formulées au cours de cet atelier », a-t-il déclaré.
Pour le responsable de la CTSP-RFP, les recommandations issues des discussions doivent permettre d’affiner le document afin d’en faire un outil stratégique cohérent et opérationnel, en adéquation avec les ambitions de la Guinée en matière de gestion des finances publiques.
Il a, dans cette perspective, appelé les administrations concernées à maintenir leur collaboration pour préparer la mise en œuvre des réformes, une fois le programme adopté par le gouvernement. L’enjeu, a-t-il rappelé, est de faire du PREFIP un instrument de modernisation de la gestion des ressources publiques, au bénéfice du développement du pays et des conditions de vie des citoyens.
Des résultats attendus dès les premières années
Pour Malick Sawadogo, expert en gestion des finances publiques ayant coordonné la mission d’accompagnement de la cellule technique, le PREFIP fixe les grandes orientations des réformes que la Guinée prévoit de conduire au cours des cinq prochaines années. Il doit notamment contribuer à la mise en œuvre des politiques de développement du pays, dans un contexte marqué par les ambitions liées au programme Simandou.
L’expert a rappelé que le document avait été élaboré suivant une démarche participative, avec l’implication des administrations concernées et de leurs cadres. Mais pour lui, la validation technique ne constitue qu’une étape. Le véritable défi reste désormais de traduire les orientations retenues en actions concrètes. « L’une des principales recommandations est de faire en sorte que nous puissions exécuter l’ensemble du plan d’action du PREFIP pour que les résultats soient visibles dès le début et qu’ils puissent concrètement améliorer les conditions de vie des Guinéennes et des Guinéens », a-t-il insisté.
La portée du programme dépendra donc largement de sa mise en œuvre effective et de sa capacité à produire des résultats perceptibles dès les premières années.
Durant les deux jours de travaux, les participants ont passé en revue les axes stratégiques, les programmes et les actions inscrits dans le document. Ils les ont confrontés aux objectifs des directions et services concernés, afin de relever les ajustements nécessaires avant la suite du processus.
Au terme des échanges, Oueret Ernest Guilavogui, directeur national adjoint des systèmes de l’information au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, a évoqué plusieurs recommandations visant à faciliter l’application du programme.
Les discussions ont notamment mis en évidence la nécessité de réduire les délais de validation de certains textes et documents indispensables à l’exécution des réformes. Les participants ont ainsi préconisé la recherche de mécanismes permettant d’accélérer les procédures administratives, pour éviter qu’elles ne deviennent un obstacle à la réalisation des activités prévues.
La mise en place des instances de gouvernance a également été identifiée comme une condition essentielle au démarrage effectif des réformes. « Sans ces instances, nous ne pourrions pas passer à la phase de mise en œuvre », a rappelé Oueret Ernest Guilavogui.
D’autres ajustements sont attendus, notamment sur certains aspects budgétaires et le calendrier détaillé d’exécution, jugé insuffisamment précis. La CTSP-RFP a, par ailleurs, été invitée à s’impliquer davantage dans la validation des documents déjà engagés dans les circuits administratifs.
Un cadre de dialogue avec les partenaires
Le PREFIP ne concerne pas uniquement les administrations guinéennes. Il doit également servir de référence aux partenaires techniques et financiers dans leurs échanges avec les autorités et dans la définition de leurs appuis.
Aliou Barry, chef du projet d’Appui à la mobilisation des ressources intérieures (AMIR), a souligné l’importance de disposer d’un document commun pour mieux organiser ce dialogue. « Ça change beaucoup par rapport aux partenaires, parce que ça nous permettra d’avoir un document-cadre de dialogue politique avec les autorités guinéennes », a-t-il expliqué.
Selon lui, le programme doit permettre d’élargir les domaines de coopération au-delà de la mobilisation des recettes publiques. D’autres volets des réformes, notamment la commande publique et les organes de contrôle interne et externe, pourront ainsi être pris en compte dans les discussions et les appuis apportés au pays. « Je pense que c’est l’objectif de cet accompagnement-là : que nous puissions avoir un document-cadre de dialogue politique avec les autorités guinéennes, sur lequel nous pouvons discuter et apporter des appuis spécifiques », a-t-il ajouté.
Avec cette validation technique, le PREFIP 2026-2030 franchit une étape importante. Le document doit désormais être ajusté en tenant compte des recommandations formulées avant la poursuite du processus devant conduire à son adoption par le gouvernement.
Reste maintenant à traduire les engagements annoncés en mesures effectives. C’est à travers leur exécution et les résultats obtenus sur le terrain que pourra être appréciée la portée réelle de ce programme de réformes des finances publiques.

