Nouvellement porté à la tête de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée), Boubacar Yacine Diallo entend inscrire son mandat sous le signe de la coopération, de l’harmonisation et de l’adaptation de la régulation aux nouveaux défis du secteur audiovisuel. À l’issue de la 12ᵉ Assemblée générale de la plateforme, tenue les 31 août et 1ᵉʳ septembre à Conakry, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a décliné les principales priorités qui guideront son action durant les deux prochaines années.
Dans son discours de clôture, le nouveau président de la PRA-UEMOA-Guinée a notamment annoncé quatre axes majeurs : l’harmonisation progressive des cadres juridiques, la mise en place d’un mécanisme régional de veille et d’alerte, l’adoption d’une position commune face aux grandes plateformes numériques et le renforcement de l’éducation aux médias et des capacités des instances de régulation.
Pour Boubacar Yacine Diallo, l’un des principaux défis de la plateforme réside dans le rapprochement des législations et des pratiques de régulation au sein de l’espace communautaire. Il entend ainsi œuvrer à une harmonisation progressive des cadres juridiques, afin de permettre aux différents régulateurs de mieux répondre aux évolutions du paysage médiatique et audiovisuel.
Cette démarche devrait favoriser une meilleure coordination entre les instances de régulation et contribuer à renforcer leur efficacité face aux mutations du secteur.
Autre engagement annoncé : la création d’un mécanisme régional de veille et d’alerte. L’objectif affiché est de permettre aux régulateurs de l’espace UEMOA et de la Guinée de mieux anticiper les évolutions et les difficultés auxquelles les médias et les acteurs de l’audiovisuel peuvent être confrontés.
Pour le nouveau président de la plateforme, la coopération entre les différentes instances doit permettre de construire des réponses communes face aux nouveaux enjeux qui dépassent désormais les frontières nationales.
La question des plateformes numériques figure également parmi les priorités de son mandat. Boubacar Yacine Diallo souhaite que les régulateurs puissent adopter « une position commune dans le dialogue avec les grandes plateformes numériques ».
Une approche qui traduit la volonté de renforcer le poids des autorités de régulation dans leurs échanges avec les grandes entreprises du numérique, dont l’influence sur la circulation de l’information et les contenus audiovisuels ne cesse de croître.
Le quatrième axe concerne l’éducation aux médias et le renforcement des capacités des institutions de régulation. Le nouveau président de la PRA-UEMOA-Guinée estime que la réponse aux défis du secteur ne peut pas reposer uniquement sur les mécanismes de contrôle et de sanction.
Il entend ainsi promouvoir davantage l’éducation aux médias, tout en renforçant les compétences et les moyens d’action des différentes instances de régulation. Au-delà de ces priorités, Boubacar Yacine Diallo a voulu préciser la philosophie qui devrait guider son mandat. « L’objectif n’est pas de construire une régulation contre les citoyens ou les médias, mais une régulation au service de la confiance, de la dignité humaine et de la paix », a-t-il déclaré. Une orientation qui place la relation entre régulateurs, médias et citoyens au cœur de sa vision.
Le président de la HAC promet par ailleurs de rester à l’écoute de ses homologues et de faire de l’institution guinéenne un moteur d’une coopération dynamique, solidaire et résolument tournée vers l’avenir. Pour mener cette mission, il compte notamment sur la collaboration avec le nouveau vice-président de la plateforme, élu au Niger.
Le mandat de deux ans de Boubacar Yacine Diallo s’ouvre ainsi avec une feuille de route articulée autour de la coopération entre régulateurs, de l’adaptation des cadres juridiques et de la réponse collective aux mutations du secteur audiovisuel et numérique.

