Quelques jours après l’annonce du retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cour pénale internationale (CPI), le Haut-Commissariat des Nations Unies au droit de l’homme (HCDH) annonce la fermeture progressive de son bureau au Burkina Faso. Cette décision intervient dans un climat de tensions croissantes entre Ouagadougou et les institutions internationales.
Le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme au Burkina Faso fermera définitivement ses portes d’ici le 30 novembre 2026.
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par la décision des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) de quitter le statut de Rome, qui a créé la Cour pénale internationale.
Même si l’ONU n’établit pas officiellement de lien direct entre les deux décisions, cette fermeture intervient comme un nouvel épisode dans la dégradation des relations entre les autorités burkinabè et les mécanismes internationaux de protection des droits humains.
Avant cette annonce, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait exprimé ses préoccupations sur la situation des libertés publiques au Burkina Faso. « Ce n’est pas un pas dans la bonne direction pour les droits humains du peuple du Burkina Faso », avait-il déclaré, appelant les autorités à revenir sur certaines mesures touchant l’espace civique.
Le responsable onusien avait notamment demandé la levée des restrictions visant les partis politiques et les organisations de la société civile. « Au lieu d’interdire les partis politiques et d’emprisonner des personnes pour avoir exprimé leurs opinions, les autorités burkinabè devraient ouvrir l’espace à la société civile, respecter la liberté d’association et d’expression et lever les interdictions des activités des partis politiques », avait-il déclaré.
Après l’annonce du retrait des trois pays de l’AES, la Présidence de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a exprimé son inquiétude. Dans un communiqué, l’institution regrette cette décision, estimant qu’elle « risque de compromettre la poursuite collective de la justice et d’affaiblir les efforts mondiaux visant à mettre fin à l’impunité », rappelant que « la CPI est au cœur du système international de responsabilité », dit la CPI, invitant les trois pays à poursuivres le dialogue au sein de l’Assemblée des États parties.
La fermeture annoncée du bureau du HCDH au Burkina Faso marque ainsi une nouvelle étape dans les tensions entre Ouagadougou et les institutions internationales, après l’annonce du retrait de la CPI par les trois pays de l’AES.
Classé parmi les autocraties fermées, le Burkina Faso est devenu l’un des principaux symboles du retour des régimes militaires en Afrique de l’Ouest. Le pays a connu deux coups d’État en 2022, le second ayant porté au pouvoir le capitaine Ibrahima Traoré.
Selon le Democracy Report 2026, le Burkina Faso est classé comme une autocratie fermée depuis ces événements. Le régime militaire a renforcé son contrôle sur les institutions, réduit l’espace politique, limité les activités de l’opposition et repoussé le retour à un pouvoir civil.
Depuis son accession au pouvoir, Ibrahima Traoré affirme vouloir restaurer la souveraineté nationale et lutter contre les groupes armés. Toutefois, la durée de la transition et l’ouverture de l’espace politique demeurent des sujets majeurs de préoccupation. La fermeture progressive du débat politique illustre l’évolution autoritaire du pays.

