Consolidation de la paix : les Nations unies érigent la Guinée en modèle de prévention des conflits

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Dans un contexte mondial marqué par la recrudescence des crises et des conflits, les Nations unies ont présenté la Guinée comme un exemple en matière de consolidation de la paix. À l’occasion d’un colloque organisé à Conakry pour marquer les 20 ans du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix (PBF), responsables onusiens, autorités guinéennes et partenaires internationaux ont mis en avant les avancées réalisées par le pays, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les réformes pour garantir une paix durable.

Le Coordonnateur résident du Système des Nations unies en Guinée, Diego Zorrilla, a rappelé le rôle particulier qu’occupe la Guinée dans l’histoire du Fonds pour la consolidation de la paix. « Le Fonds pour la consolidation de la paix a appuyé la Guinée pendant 19 de ses 20 années d’existence. La Guinée est le deuxième pays au monde bénéficiaire du Fonds. C’est également le premier pays où il est intervenu en l’absence de conflit actif. Cela en a fait un laboratoire dont les expériences ont servi de référence à d’autres pays », a-t-il déclaré.

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Selon les Nations unies, cette expérience illustre l’importance d’investir dans la prévention des conflits avant leur émergence, en renforçant les institutions, le dialogue politique et la cohésion sociale.
Les responsables onusiens ont également mis en lumière plusieurs progrès enregistrés ces dernières années. Ils ont notamment cité l’élaboration d’une cartographie nationale des conflits en décembre 2024, destinée à améliorer les mécanismes de prévention, ainsi que la tenue d’échéances électorales en 2025 et 2026 sans violences. « Ces résultats sont encourageants. Mais le renforcement de la démocratie, de la participation citoyenne et de l’État de droit demeure un chantier que nous devons poursuivre », a souligné Diego Zorrilla.

Malgré ces avancées, les participants ont estimé que plusieurs défis restent à relever. Les échanges ont notamment porté sur la réforme du secteur de la sécurité, la réconciliation nationale, l’autonomisation des jeunes et des femmes, le renforcement de la cohésion sociale ainsi que la protection des défenseurs des droits de l’homme. « La consolidation de la paix est un chantier permanent. Toutes les sociétés connaissent des conflits. Ce qui les distingue, c’est leur capacité à les gérer dans le respect de l’État de droit, grâce à des institutions fortes et crédibles », a insisté le Coordonnateur résident des Nations unies.

Intervenant à son tour, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Luc Briard, a salué le choix des autorités guinéennes de miser sur le dialogue et le multilatéralisme, à contre-courant d’un environnement international marqué par le regain des tensions géopolitiques. « Dans ce contexte d’instabilité qui traverse notre monde, où la violence redevient un mode de règlement des crises, nous ne pouvons que nous réjouir que les autorités guinéennes aient fait le choix de croire en l’architecture internationale de paix », a-t-il déclaré.

Le diplomate français a estimé que la consolidation d’une paix durable repose sur un système de maintien de la paix solide et bénéficiant d’un large soutien de la communauté internationale. « La construction de la paix ne peut réussir que si elle repose sur un système de maintien de la paix robuste, crédible, reconnu au niveau international et porté par les Nations unies », a-t-il affirmé.

Luc Briard a par ailleurs plaidé pour la mise en place de mécanismes de financement innovants afin de préserver les acquis enregistrés en matière de paix. « Nous devons réfléchir ensemble à garantir des financements innovants pour préserver cette paix, notre bien commun, aujourd’hui menacé de toutes parts. Nous devons le faire pour les populations que nous avons la responsabilité de protéger », a-t-il déclaré.

Il a enfin réaffirmé l’engagement de la France à accompagner les initiatives associant les pouvoirs publics, la société civile, les jeunes, les femmes, les leaders religieux et communautaires ainsi que le secteur privé, dans le but de renforcer durablement la paix en Guinée.