Mondial 2026 : des journalistes sportifs guinéens analysent les chances de l’Afrique

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La 23e édition de la Coupe du monde de football a officiellement démarré ce jeudi 11 juin 2026. Organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, cette première Coupe du monde à 48 équipes a débuté par la victoire du Mexique face à l’Afrique du Sud (2-0) lors du match d’ouverture.

À l’occasion du lancement de cette compétition historique, la rédaction de Guinée360.com a recueilli les analyses de plusieurs journalistes sportifs guinéens sur les enjeux du tournoi, les chances des sélections africaines et les principaux favoris à la conquête du trophée.

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Pour Abdoul Hamid Bangoura, journaliste sportif à CIS Médias, la Coupe du monde demeure avant tout une célébration du football mondial. « Toujours une fête parce que pour tous les amoureux du football, c’est la crème du football mondial qui se réunit. Donc, cette compétition est censée nous donner autant de plaisir. Mais quand on regarde aussi les derniers détails qui ont entouré cette Coupe du Monde, concernant l’arrivée des équipes, il y a pas mal de polémiques qui commencent déjà à ternir l’image de la compétition. Et je pense que la Coupe du Monde ne devrait pas être perçue comme ça. Parce qu’on dit une Coupe du Monde, c’est un événement qui rassemble du monde. Elle ne doit pas se couper du monde. Malheureusement, ce qu’on constate aujourd’hui, c’est qu’elle est en train de se couper du monde. »

Le journaliste souligne également les principales innovations de cette édition 2026 : « Parlant des particularités de cette 23e édition, d’abord il y aura 48 nations et 104 matchs. C’est une première particularité. Ensuite, il y aura 16 villes qui vont accueillir les compétitions. Il y a également trois pays organisateurs. Tout ça, ce sont des particularités. »

Concernant les ambitions africaines, Abdoul Hamid Bangoura estime que les sélections du continent disposent désormais des moyens pour rivaliser avec les grandes nations du football. « En ce qui concerne les chances des pays africains, je pense qu’il suffit d’aller jouer les matchs à fond, sans être complexé. Parce que depuis quelques années, on assiste quand même à un nivellement de toutes les équipes nationales. Les joueurs évoluent pratiquement dans les mêmes championnats en Premier League, en Liga espagnole ou en Ligue 1 française. Pour beaucoup, ils sont issus des mêmes centres de formation en Europe, en Amérique ou en Asie. Donc, il n’y a pas de raison de ne pas regarder les adversaires dans les yeux. »

Avec dix représentants africains engagés dans la compétition, contre cinq lors des éditions précédentes, il estime que les probabilités de voir une nation africaine briller sont plus importantes. « Surtout qu’on a deux fois plus d’équipes. Parce que lors des précédentes éditions, c’était cinq nations africaines qui prenaient part à la Coupe du monde. Or, cette fois, on en a dix. Donc le double. Mathématiquement, les chances sont censées doubler. Maintenant, sur le terrain, on verra si les chances vont réellement doubler.»

Au chapitre des favoris, le journaliste cite notamment l’Argentine et la France, finalistes de l’édition précédente. « Il y a plusieurs favoris dans cette compétition. Naturellement, on va commencer par les deux derniers finalistes, l’Argentine et la France. (…) On n’oubliera pas non plus le Brésil, qui en raison de son statut et de tout ce qu’il a représenté pour la Coupe du monde, va arriver en favori. À ceux-là, on va peut-être rajouter le Portugal et l’Angleterre. »

De son côté, Lance Koivogui, également journaliste sportif à CIS Médias, espère avant tout une compétition spectaculaire et marquée par le fair-play. « Après quatre ans, ça reprend aujourd’hui. Peut-être qu’on aimerait qu’il y ait du spectacle, de l’ambiance dans les stades et que les équipes se comportent en fair-play pour le bonheur de tous les amoureux du football. »

Il regrette toutefois les nombreux incidents signalés avant même le coup d’envoi du tournoi. « Comme vous le savez, il y a eu beaucoup de fiascos avant même le début où les gens se font refuser les visas, où le meilleur arbitre africain ne s’est pas qualifié, où les équipes se plaignent de différentes pelouses dégradées, où l’équipe du Sénégal s’est fait fouiller. De toutes les façons, c’est le côté regrettable de cette compétition du point de vue logistique, organisationnel et administratif. Après, derrière, on espère que ça va être une édition exemplaire sur le terrain pendant les 90 minutes et que le meilleur gagne. »

Pour lui, les sélections africaines disposent désormais d’un potentiel suffisant pour rivaliser avec les meilleures équipes du monde. « L’Afrique a de la chance, c’est vrai avec dix équipes africaines, mais quand on regarde un peu, actuellement, les équipes africaines n’ont rien à envier à ces équipes européennes ou sud-américaines. Quand tu regardes le Sénégal, l’équipe sénégalaise peut rivaliser avec n’importe quelle équipe au monde. Quand tu prends la Côte d’Ivoire, c’est pareil. Le Maroc a déjà fait ses preuves, demi-finaliste de la dernière édition. »

Il invite également à se méfier de certaines sélections africaines moins attendues. « Par exemple, l’Algérie qui signe son retour, le Cap-Vert, le Congo… Peut-être qu’on peut dire que le Cap-Vert n’a jamais goûté à l’édition, mais il ne faut pas tout de suite l’enterrer parce que, de toutes les façons, ça reste une équipe bien déterminée à aller très loin. »

Quant aux favoris du tournoi, Lance Koivogui met en avant les habituels prétendants au titre. « Naturellement, il y a toujours des éternels favoris parce que ceux qui ont déjà remporté la compétition sont très bien partis pour remporter le trophée. Derrière, il reste des équipes qui sont en forme actuellement comme la France, le Portugal, l’Espagne, l’Argentine et le Brésil qui revient naturellement favori depuis très longtemps. »

Le journaliste n’exclut toutefois pas l’émergence de surprises au cours de cette première Coupe du monde à 48 équipes. « D’autres surprises peuvent arriver puisque c’est la Coupe du monde. Ça peut survenir à tout moment. Pendant cette compétition, il y a des équipes qui peuvent créer la surprise, à l’image de l’Allemagne et de l’Angleterre. Mais de toutes les façons, c’est une édition à 48 équipes, c’est une première, donc on verra quelle équipe arrivera à tenir. »