Publireportage – Après trois jours d’intenses réflexions, d’échanges d’expériences et de partage de bonnes pratiques, la 39e conférence annuelle du CREDAF a officiellement pris fin ce jeudi 11 juin à Conakry. Organisée autour du thème central de la gestion des risques axée sur la mobilisation des recettes intérieures en contexte de crise, cette rencontre internationale a réuni les responsables des administrations fiscales de l’espace francophone, des experts de haut niveau ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers.
La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du secrétaire général de la Présidence, Benoît Kamano, des représentants des ministères sectoriels, des institutions partenaires et des nombreuses délégations étrangères ayant pris part aux travaux.
Moment fort de cette cérémonie, l’accession de Fatoumata Foula Diallo à la présidence du CREDAF. Dans son discours d’investiture, la nouvelle présidente a exprimé sa détermination à poursuivre les efforts engagés pour faire du cercle un véritable moteur d’innovation fiscale et de coopération entre les administrations membres. « Je m’engage, en ma qualité de nouvelle présidente à mettre toute mon énergie et celle de l’administration fiscale guinéenne au service de notre cercle. Je veillerai à ce que nos travaux débouchent sur des propositions opérationnelles, à ce que les voix des pays membres soient portées avec force au sein des instances internationales. »

S’adressant particulièrement à la jeune génération de fiscalistes et aux femmes engagées dans les administrations publiques, elle a lancé un message d’encouragement : « Je voudrais ici dire à nos jeunes collègues, et particulièrement aux nombreuses femmes qui œuvrent chaque jour dans nos services, les temps sont difficiles, certes, mais c’est dans la tempête qu’on reconnaît les meilleurs capitaines. La confiance que le chef de l’État guinéen a placée dans le leadership féminin, et que vous me renouvelez aujourd’hui, est un signal fort pour la gente féminine. Osez, innovez, n’ayez jamais peur de prendre vos responsabilités.»
Pour la secrétaire générale du CREDAF, Catherine Lemesle, cette conférence s’est tenue dans un environnement mondial particulièrement complexe marqué par la multiplication des crises géopolitiques, économiques, environnementales et sociales. « La conférence annuelle du CREDAF s’est inscrite dans un contexte mondial marqué par des crises multiples, géopolitiques, économiques, environnementales et sociales, qui mettent à l’épreuve nos administrations fiscales. C’est dans ce cadre que le thème de cette année, la gestion des risques axée sur la mobilisation des recettes intérieures en contexte de crise, a pris tout son sens et toute son urgence.»
Elle a souligné que les différentes sessions ont permis de mettre en lumière le rôle stratégique de la gestion des risques dans le maintien de la performance fiscale et la continuité des politiques publiques. « Nous avons pu mesurer ensemble combien la gestion des risques est devenue un levier stratégique pour garantir la résilience de nos systèmes fiscaux et la continuité de nos politiques publiques. »
Mme Lemesle a également salué les contributions des nombreux partenaires internationaux, notamment l’Organisation de coopération et de développement économiques, le Fonds monétaire international, le Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales, l’Institut de gouvernance des ressources naturelles, Expertise France, la Fondation pour les études et recherches sur le développement international ainsi que plusieurs universités et centres de recherche.
Revenant sur les différentes thématiques abordées, elle a insisté sur l’importance d’une approche globale de la fiscalité. « Les interventions sur les dimensions géopolitiques, juridiques, environnementales et économiques nous rappellent que la fiscalité ne peut être pensée isolément, mais qu’elle doit s’inscrire dans une approche globale et anticipatrice. »
Elle a enfin mis en avant la richesse des expériences partagées par les administrations fiscales de plusieurs pays membres, notamment la Guinée, le Maroc, la France, le Canada, la Belgique et l’Uruguay. « Conakry a été, durant ces trois jours, le théâtre d’une mobilisation collective pour penser autrement la fiscalité de demain. Une fiscalité capable de soutenir la mobilisation des recettes intérieures, de réduire les vulnérabilités et de renforcer la souveraineté de nos États. »
Présidant la clôture au nom de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, le secrétaire général du département, Mamadou Condé, a salué la pertinence des débats et la qualité des recommandations formulées. « La pertinence des thématiques abordées, la richesse des débats et l’esprit de collaboration qui a prévalu tout au long de cette conférence témoignent de la vitalité du CREDAF et de sa capacité à accompagner les administrations fiscales dans leur processus de modernisation, de transformation et d’amélioration continue de leurs performances. »
Selon lui, les échanges ont démontré que la résilience des administrations fiscales repose sur la maîtrise des risques liés au civisme fiscal, aux systèmes d’information et au capital humain. « Vous avez souligné que la résilience fiscale repose non seulement sur une gestion efficace des risques liés au civisme fiscal, au système d’information et au capital humain, mais aussi sur une coopération internationale renforcée et un partage accru des bonnes pratiques. »
Le responsable a également rappelé les priorités du gouvernement guinéen en matière de gouvernance économique. « Sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya, la mobilisation des ressources intérieures, le renforcement de la gouvernance publique et la consolidation de la souveraineté financière et économique figurent au rang des priorités nationales. »
Il a estimé que l’organisation de cette conférence à Conakry constitue une marque de confiance envers la Guinée et ses réformes en matière de modernisation fiscale.

Au terme des travaux, les participants ont adopté plusieurs conclusions et recommandations visant à renforcer la résilience des administrations fiscales face aux crises.
La principale recommandation issue de cette 39e conférence annuelle préconise de : « Promouvoir une approche systémique permettant de mieux anticiper les crises et d’en limiter les impacts sur les recettes publiques et le fonctionnement de l’administration fiscale. »
Les participants ont unanimement conclu que les administrations fiscales modernes doivent désormais intégrer durablement la gestion des risques dans leurs mécanismes de gouvernance, tout en développant des dispositifs efficaces de prévention, de préparation et de réponse aux crises.
Cette orientation stratégique traduit la volonté des membres du CREDAF d’inscrire la gestion des risques au cœur des politiques fiscales afin de garantir la continuité des services publics, la sécurisation des recettes intérieures et le renforcement de la souveraineté financière des États.
La clôture de cette 39e conférence annuelle marque ainsi une nouvelle étape dans la coopération fiscale francophone, avec l’ambition affichée de bâtir des administrations plus résilientes, plus innovantes et mieux préparées aux défis d’un monde en constante mutation.

