TPI de Kaloum : les raisons de la libération de Fodé Moussa Mara, alias « El Sissi »

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Arrêté le 18 novembre 2023 et détenu depuis à la Maison centrale de Conakry, Fodé Moussa Mara, alias « El Sissi », militant du RPG et proche de l’ancien président Alpha Condé, a été remis en liberté ce mercredi 11 mars 2026.

L’information a été confirmée à Guinée360 par son avocat, Me Mory Doumbouya, joint ce jeudi. Le conseil est revenu sur les circonstances et les démarches judiciaires ayant conduit à cette remise en liberté.

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Poursuivi notamment pour des faits présumés d’association de malfaiteurs et de troubles à l’ordre public, Fodé Moussa Mara était placé en détention provisoire depuis plus de deux ans.

Selon son avocat, plusieurs tentatives de programmation du dossier n’ont pas abouti, entraînant des reports répétés. « On a eu assez du mal à faire programmer son dossier. Chaque fois que le dossier est programmé, il y a des contretemps ou des renvois injustifiés. La dernière audience du 13 janvier, les motifs qui ont été invoqués par le ministère public pour justifier leur emploi étaient fondés pour nous. Mais nous avions fait la défense pour justifier puisqu’on ne pouvait pas continuer à croiser les bras », a expliqué Me Doumbouya.

Face à ces reports successifs, la défense affirme avoir engagé une procédure de référé pénale fondée sur les dispositions du Code de procédure pénale relatives aux situations d’extrême urgence. « C’est l’article premier du code de procédure pénale en son point 12 qui prévoit cela en cas d’extrême urgence. Vous pouvez demander à la juridiction de statuer prioritairement sur sa situation. Donc, c’est cette procédure qu’on a engagé, le débat a été contradictoire. Le parquet était présent. Le motif de sa libération, c’est qu’on ne parvient pas à le faire juger dans un délai raisonnable. C’est ce qu’on a soumis prioritairement. Plus de deux ans de détention provisoire, c’est excessif », a-t-il détaillé.

Interrogé sur un éventuel abandon des poursuites ou un blanchiment de son client, l’avocat précise que la procédure judiciaire reste en cours et que la suite dépend désormais du ministère public. « On ne peut pas priver les honnêtes gens de leur liberté et ne rien faire, ne pas poser d’acte dans le cadre de la continuation de la procédure. Pour nous, il a été remis en liberté en raison du fait que l’un des principes généraux pendant le procès pénal, notamment la nécessité d’être jugé dans un délai raisonnable par un tribunal impartial et indépendant n’a pas été observé. Il appartient au ministère public de se pourvoir ainsi qu’il a dit », a-t-il indiqué.

Concernant l’état de santé de son client après plus de deux années de détention, l’avocat se veut rassurant. Selon lui, Fodé Moussa Mara garde le moral malgré l’épreuve traversée.

Cette remise en liberté intervient dans un contexte où la question des longues détentions provisoires continue d’alimenter les débats sur le fonctionnement du système judiciaire guinéen.