Le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a officiellement notifié aux partis légalement constitués l’entrée en vigueur d’un nouveau cadre juridique encadrant la création, l’organisation et le fonctionnement des formations politiques en République de Guinée. Cette réforme découle de la loi organique LO/2025/035/CNT, promulguée le 21 novembre 2025.
Selon le MATD, les partis politiques devront notamment tenir des congrès extraordinaires à tous les niveaux, adopter de nouveaux statuts et règlements intérieurs intégrant des mécanismes d’alternance démocratique, et mettre en place des dispositifs internes de règlement des différends.
Cette réforme suscite immédiatement des réactions de la classe politique. Dans un entretien accordé à Guinée360, Oumar Sanoh, président du Bloc Libéral (BL), a exprimé sa préoccupation face au contexte d’application de ces nouvelles dispositions. « Pendant que le premier ministre est à la tête d’un mouvement qu’ils veulent transformer en un parti politique, qu’on appelle GMD. Ce qui veut dire que c’est un parti d’État qu’on veut instaurer en République de Guinée? », s’interroge-t-il.
Pour Oumar Sanoh, une telle démarche menace l’équilibre démocratique du pays.
« Ce qui n’est pas bien pour notre démocratie, parce qu’il vous souviendra que c’est un général, à travers la constitution du 23 décembre 1990, qui nous a donné ce qu’on appelle le multipartisme intégral dans notre pays. Aujourd’hui, si un général veut bafouer ses valeurs démocratiques dans notre pays, je crois que c’est une déception par rapport aux nouvelles autorités qui sont là. »
Le responsable du BL estime également que les autorités actuelles s’inscrivent dans une logique de « menace réelle de suspension des partis politiques ». « Aujourd’hui, il existe une menace réelle de suspension des partis politiques, parce que lorsqu’on vous dit que la GMD, qui est en ballotage, qui crée des activités partout, c’est sur les fonds publics qu’ils le font, où ils prennent de l’argent pour faire ce mouvement-là ? Je crois que le premier ministre d’un pays ne peut pas se mettre à la tête d’un mouvement, d’un parti politique pour essayer d’organiser les choses. »
Oumar Sanoh établit un parallèle avec d’anciennes formations politiques, comme le PUP et le RPG. « Je crois que lorsqu’on demande à ce que tous les partis politiques agréés en Guinée donnent le contrat de location ou de baille de leur siège dans les 378 communes urbaines et rurales, je crois que cela nous amènerait à se poser beaucoup de questions. Est-ce que le RPG avait les mêmes éléments avant d’être au pouvoir ? Est-ce que le PUP avait les mêmes éléments avant d’être au pouvoir ? Je crois que ce n’est pas une condition valable pour vérifier qu’un parti est grand ou petit. Je crois que c’est les élections, il y a des outils pour mieux vérifier l’efficacité et mieux encadrer les partis politiques. »


