Mohamed Diané face à la CRIEF : « Je ne répondrai plus… faites de moi ce que vous voulez»

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À la reprise de son interrogatoire devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), l’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané, s’est expliqué sur ses anciennes fonctions de ministre délégué à la Présidence de la République, notamment sur la gestion du budget de souveraineté du chef de l’État.

Interrogé par le parquet sur son rôle d’ordonnateur délégué, l’ex-ministre a indiqué ne pas avoir été le seul à disposer de cette prérogative. « Il y avait aussi Louncény Nabé. Le président travaillait également avec les gouverneurs de région», a déclaré Dr Mohamed Diané.

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Cette déclaration a immédiatement conduit le parquet à solliciter la comparution de l’ancien gouverneur Louncény Nabé. « Nous demandons sa comparution. Nous avons besoin d’identifier les différents ordonnateurs délégués pour la manifestation de la vérité», a insisté le magistrat.

Poursuivant l’interrogatoire, le parquet a cherché à obtenir des précisions sur les modalités de gestion du fonds de souveraineté. « Pour votre cas spécifique, en quoi consistait exactement votre rôle ?», a demandé Charles Wright.

Dr Mohamed Diané a expliqué que ses interventions dépendaient directement des sollicitations du président de la République. « Lorsque le président avait besoin de moi, il m’appelait. Il demandait ensuite au directeur administratif et financier de la Présidence de me remettre les chèques afin que je les signe », a-t-il déclaré.

Interrogé sur le libellé des chèques, l’ancien ministre a répondu : « Il n’y avait aucun nom. Il était simplement mentionné “budget de souveraineté”. »

Le parquet a également voulu savoir si cette délégation de signature reposait sur un acte administratif formel. « C’était verbal », a soutenu Dr Mohamed Diané, avant d’indiquer son refus de poursuivre sur ce point sensible : « Je ne répondrai plus à aucune question liée à la gestion du fonds de souveraineté du président de la République. »

Le procureur lui a alors rappelé son droit de garder le silence, tandis que la Cour l’a invité à contribuer à l’établissement de la vérité. « Lorsque vous avez des réponses précises à des questions précises, aidez la Cour », a lancé le président de l’audience.

Mais l’ancien ministre est resté ferme : « Monsieur le président, avec tout le respect que je dois à la Cour, je n’ai rien à dire sur cette question. Je sais ce qui m’attend et j’accepte la volonté divine », a-t-il affirmé.

Face à cette position, Charles Wright a indiqué qu’il n’insisterait plus sur ce volet, du moins pour le moment.

L’audience s’est ensuite poursuivie sur la gestion des budgets alloués au ministère de la Défense entre 2016 et 2021. Dr Mohamed Diané a détaillé les montants inscrits pour chaque exercice budgétaire :

2016 : plus de 1 000 milliards Gnf;
2017 : 1 564 milliards;
2018 : 1 526 milliards;
2019 : 1 594 milliards;
2020 : plus de 2 000 milliards;
2021 : 2 410 milliards.

Le parquet lui a ensuite demandé s’il était en mesure de justifier l’utilisation de ces ressources devant la Cour. « C’est vous qui m’accusez de détournement de fonds publics. Apportez-en la preuve, Monsieur le procureur», a rétorqué Dr Mohamed Diané, avant d’ajouter : « Je vous ai donné ce que j’ai. Faites de moi ce que vous voulez. »

Prenant la parole à son tour, la défense a rappelé le principe de la charge de la preuve. « C’est au parquet de démontrer la culpabilité de notre client. S’il apporte les preuves des détournements allégués, nous sommes prêts à plaider coupable », ont soutenu les avocats de l’ancien ministre.

L’affaire est renvoyée au 21 mai pour la suite des debats