Violation de la présomption d’innocence : le juriste Kalil Camara interpelle les médias guinéens

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Kalil Camara, juriste-consultant

Dans une tribune publiée ce lundi 24 mars 2025, le juriste Kalil Camara a interpellé les médias guinéens sur la violation de la présomption d’innocence. Il a précisé que cette violation engendre des sanctions pénales et ouvre droit à réparation pour la personne concernée.

Kalil Camara a rappelé que le droit à la présomption d’innocence est protégé tant par les textes nationaux qu’internationaux. Ce droit garantit à toute personne suspectée ou poursuivie d’être présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement établie lors d’un procès.

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“Les termes utilisés par les médias, tels que criminel, assassin, meurtrier, violeur, bandit, peuvent constituer une violation de ce droit”, a-t-il souligné, tout en insistant sur le fait que la présomption d’innocence est ancrée dans des instruments juridiques nationaux et internationaux.

Il a notamment cité l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui stipule que “ toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public, où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées”.

En se référant à l’article 44, alinéa 5, du Code civil guinéen, le juriste a précisé que la loi permet à toute personne publiquement présentée comme coupable avant le jugement de saisir le juge d’un référé.

Celui-ci peut ordonner des mesures telles que la publication d’une rectification ou la diffusion d’un communiqué pour mettre fin à l’atteinte à la présomption d’innocence, à la charge de la personne responsable de cette atteinte.

Au-delà de ces mesures correctives, la personne victime de cette atteinte peut également avoir droit à des dommages-intérêts pour le préjudice subi.

En ce qui concerne la répression de l’atteinte à la présomption d’innocence, Kalil Camara a rappelé que les auteurs de telles atteintes peuvent être condamnés pour diffamation ou dénonciation calomnieuse en cas de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement.