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Manifestations, assassinats ciblés, Grenade: Bah Oury fait un grand déballage et titille Cellou Dalein

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Les élections communales du 4 février ont été entachées d’irrégularités. Pour Bah Oury, le Rpg Arc-en-ciel et l’Ufdg ont orchestré une fraude à grande échelle pour s’offrir le maximum des mairies.

 

 

Pour le vice-président exclu de l’UFDG, revenir sur les résultats définitifs constituerait une violation grave de la loi et ouvrirait la voie à une crise plus grave dans le futur. Il accuse Cellou Dalein Diallo d’instrumentaliser la violence pour asseoir «son joug dans le pays tout entier». Interview !

Guinee360.com : Quelle est votre perception de la situation sociopolitique actuelle?

Bah Oury: Les élections communales ont eu lieu à un moment où le pays en avait réellement besoin. Depuis 2010, la Guinée n’a pas eu des élus locaux légitimement et légalement installés en conformité avec les principes démocratiques. Donc, 8 ans après, qu’une élection ait pu se tenir c’est déjà un pas en avant. Toutefois, il y a eu trop des lacunes, le taux de participation a été faible, à la suite des publications des résultats définitifs par la Ceni, il y a certains candidats, certains ténors politiques qui se sont mis à contester en créant un climat délétère dans le pays. Tout cela ne va pas dans le sens de la consolidation de la démocratie dans notre pays. Par ailleurs, il faut se féliciter que beaucoup des jeunes aient pu s’investir dans ces élections comme candidats sur les listes indépendantes. De ce point de vue, un réel espoir s’est dégagé et dans les années à venir, en ce qui nous concerne ; nous allons contribuer à renforcer cette dynamique en participant à la formation des ces élus qui sont de notre mouvement de renouveau. Nous allons contribuer à renforcer leurs capacités pour qu’au niveau de la gestion communale qu’ils puissent y apporter une réelle expertise pour un changement qualitatif de la gestion locale.

L’opposition républicaine exige la publication des «vrais résultats» des communales après que la Ceni ait donné les résultats définitifs. Quelle est votre réaction?

Le Code électoral est très clair, il stipule qu’à la fin du scrutin, il y a une période pour l’examen des contentieux électoraux au niveau de chaque Tribunal de première instance dans la circonscription de son ressort. Tout cela est fait dans les termes et dans les délais requis. Même avant la publication des résultats définitifs, on avait déjà entendu certains crier, par-ci, par-là, que les résultats tardent à être publiés en cherchant des raisons du côté de la négligence de la Ceni. Par la suite, à la publication des résultats définitifs, les contestations se sont amplifiées en demandant la publication des vrais résultats.

A votre avis, il n’y a donc pas des raisons de contester la fraude qui a entaché le scrutin ?

Le Code électoral dit: après l’examen du contentieux par le Tribunal de première instance, son jugement n’est susceptible d’aucun recours et ce n’est qu’après, la Ceni proclame les résultats définitifs. Il faut être très clair et sans complaisance, la fraude a eu lieu dans tous les camps. De ce point de vue, il ne faudrait pas dire que certains sont blancs et d’autres sales. La fraude a eu lieu dans tous les camps, notamment, les deux, principalement, qui avaient dirigé les délégations spéciales.

Vous faites allusion au Rpg Arc-en-ciel et à l’Ufdg?

Bien entendu. Vous savez que sur une base illégale ces deux formations, principalement, ont géré pendant plus de deux années les communes de ce pays et on acquis des habitudes en ce qui concerne la gouvernance locale et ont cherché, d’une manière ou d’une autre, par des moyens qui ne sont pas conformes aux principes républicains, à conserver le pouvoir locale. Maintenant, la contestation c’est ceux qui prétendent être d’une opposition républicaine qui demande à ce qu’on viole la loi pour leurs propres intérêts. Moi, je dis, non.

Alors qu’est ce qu’il faut?

Il n’y a pas de ce qu’il faut, s’ils ne sont pas contents de la manière dont certains juges ont tranché le contentieux électoral, ils n’ont qu’à porter plainte au niveau de la Haute cour de la magistrature pour montrer que les magistrats n’ont pas été à la hauteur de la mission qui leur est confiée par la République. C’est comme ça qu’il faut aller et non pas demander à violer la loi. Nous, nous avons dit à la Ceni de respecter la loi parce que si la loi n’est pas respectée, il va de soi que demain la Ceni sera incapable de gérer une élection nationale en Guinée. Parce que chaque décision sera source de contentieux et pourra amener l’éclatement de la violence comme ce que nous avons constaté de manière parcellaire ces dernières semaines.

Et la crise ne fait que retarder l’installation des conseils communaux?

Le ministère de l’Administration du territoire doit assumer ses responsabilités pour que les élus soient convoqués le plus rapidement possible pour élire le conseil exécutif de chaque commune. C’est dans ses prérogatives et cela doit intervenir dans un délai de 60 jours après la publication des résultats définitifs. Le temps presse pour que ceci puisse être fait pour ne pas qu’on soit encore, à ce niveau là, en dehors de la légalité républicaine.

La répression des manifestations ont causé la mort de 94 personnes depuis 2011 dans la commune de Ratoma et toutes issues de la communauté Peule. L’opposition parle des assassinats ciblés. Quel est votre avis?

Je rappelle que personnellement, j’ai été l’objet d’une tentative d’assassinat qui a coûté la vie au journaliste Mohamed Koula. Je suis mieux placé pour parler de cette violence instrumentalisée par certaines forces occultes pour s’imposer et imposer le joug au pays tout entier. Les manifestations et les tueries le long de l’axe mérite d’être explicité en profondeur avec des enquêtes bien documentées pour cerner les réelles responsabilités des uns et des autres en prenant en compte tous les scénarios possibles. Des éléments des forces de l’ordre ont tiré sur des manifestants. Est-ce qu’ils ont agi sur instruction de leur hiérarchie ou bien par devers eux-mêmes ? Des enquêtes administratives doivent être menées pour avoir une réelle connaissance de l’environnement de ceux qui ont eu à commettre ces crimes.

La justice a présenté le jeune Grenade comme l’un des principaux suspects dans les assassinats pendant les manifestations politiques. Qu’en dites vous?

Il y a des affaires en cours concernant des proches d’un certain chef de file de l’opposition qui sont incriminés dans la détention d’armes, dans l’exploitation de la violence. Vous savez également que ce chef de file dit de l’opposition a mis en place une section cailloux. Également, la tentative d’assassinat dont j’ai été l’objet ont eu lieu avec les gardes de ce chef de file dit de l’opposition. De ce point de vue , il y a un ensemble des faisceaux qui montrent qu’il faut élargir l’investigation, ne pas avoir une idée comme si tout le mal vient uniquement du côté des forces de l’ordre. Je pense que la situation actuelle est propice à la clarification de la vérité. Je pense que l’Etat, de la manière la plus impartiale et voire avec la coopération d’experts judiciaires de la Cedeao, pourrait s’investir pour que lumière soit faite sur les auteurs et les commanditaires des tueries qui ont ensanglanté l’axe Hamdallaye jusqu’à Cimenterie. De ce point de vue, l’Etat doit assumer sa fonction régalienne d’assurer la sécurité du pays et de tous les citoyens guinéens.

L’affaire Grenade fait polémique. Sur une des photos présentées par le parquet, on constate le logo de la gendarmerie. Certains parlent même d’un montage pour déstabiliser l’Ufdg. Qu’en savez-vous?

Il y a de gens qui sont forts pour essayer de masquer même ce qui est évident. Boubacar Diallo dit Grenade est connu. Il n’est pas quelqu’un qui est sorti du néant. Les gens savent qu’il a vécu pendant de longues périodes dans la concession du couple Dalein. Et qu’à Dakar, il vivait même dans la concession du même couple. Sur la page Facebook de Grenade, il y a des éléments qui ne souffrent d’aucune ambiguïté. La procédure judiciaire est ouverte. Je ne suis pas au courant de secrets des enquêtes. Laissons ça entre les mains de la justice. Mais, certains se sont rapidement insurgés pour dire que c’est un montage. Laissons la justice et les enquêtes se faire. Je pense que c’est un élément qui peut contribuer fortement à faire que la lumière et la vérité puissent jaillir en ce qui concerne ces différents assassinats le long de l’axe.

Comment expliquer que les manifestants soient armés et qu’il n’y ait eu jamais eu des forces de l’ordre tuées pendant les manifestations?

Est-ce que dans cette affaire c’étaient les forces de l’ordre qui étaient visées ? Est-ce que ce n’étaient pas des pauvres citoyens, comme toujours, qui sont les cibles de ces massacres ? Est-ce que la volonté ce n’est pas qu’il y ait plus de morts pour qu’en fait quelques personnes, sans envergures, sans projets, puissent caporaliser toute une communauté pour crier : « les autres ne nous aiment, donc, il faut nous recroqueviller autour de moi» ? Je pense que c’est sinique et totalement irresponsable. Ceux qui ne craignent même pas d’aller sur ce terrain là sont devenus des dangers publics.

Pourquoi c’est maintenant que vous dénoncez l’existence d’une milice au sein de l’Ufdg?

J’ai été en exil de 2011 jusqu’en fin 2015. Donc, le parti que j’avais laissé n’était plus le parti que j’avais retrouvé. Le parti que j’avais laissé ne pouvait même pas envisager de tenter d’assassiner son fondateur et premier vice-président. Certains qui ont caporalisé ce parti ont eu l’audace d’aller sur ce terrain et de tenter d’assassiner le fondateur de l’Ufdg aux abords du siège. C’est pour vous dire que L’Ufdg de 2010 n’est pas l’Ufdg telle qu’on retrouve entre les mains d’un certain clan aujourd’hui.

Aujourd’hui, on a l’impression que la machine judiciaire est beaucoup plus braquée contre l’Ufdg dont certains militants sont en détention c’est le cas d’Ibrahima Sory Camara. Qu’en dites- vous ?

Je dois rappeler que M. Ibrahima Sory Camara a tenté de nous assassiner au mois d’avril 2016. Il avait tenté à travers des jets de pierre de lapider Bah Oury qui était allé prier à la mosquée de Dabondy. Et c’est lui-même qui l’a reconnu au siège de l’Ufdg, on a les images. C’est jour là, c’est Dieu qui m’avait sauvé parce que les pierres lancées en direction du véhicule n’a pas touché la vitre du côté là où j’étais assis. Ce monsieur s’est permis de revendiquer cet attentat au siège de l’Ufdg. La vérité jaillira et tout sera connu. Lorsque nous avons porté plainte au niveau de la Pm3 de Matam, cela a été d’une négligence telle qu’il n’y avait aucune volonté d’instruire l’affaire conformément à l’obligation des gendarmes en ce qui concerne ce genre d’activités criminelles.

D’après vous, cette négligence était elle due à une connivence ou une complaisance?

Nous sommes face à un réseau qui concerne aussi bien des civils que des éléments des forces de l’ordre à travers de formes de corruption. Et cela touche même l’appareil judiciaire à travers de collision d’intérêts au profit de la sauvegarde des intérêts de certains clans qui arrosent un certain nombre de personnages avec de l’argent pour leur permettre d’agir en toute impunité au détriment du droit, de la sécurité collective. (…) je pense qu’il y avait toujours une volonté d’un certain groupe politique de déstabiliser le pays de manière globale. D’abord, ils avaient instrumentalisé la violence, des incitations à la haine, à la stigmatisation ethnique, en faisant croire que c’est u communauté qui est agressée. Et tous les prétextes pour mettre en doute des faits conjoncturels qui n’ont rien avoir avec des faits criminels avérés contre qui que ce soit. Ils ont voulu créer une psychose d’agression pour amener une réaction en chaîne qui aurait pu embraser le pays. Mais, grâce à Dieu, jusqu’à présent, la Guinée est debout.

Vous faites allusion à l’Ufdg?

Il faut laisser l’Ufdg de côté. Cellou a tenu des propos. Cellou est le chef de tous ces gens là. Donc, à lui d’assumer totalement sa responsabilité en la matière.

Plusieurs institutions républicaines sont l’objet de crise. Notamment, la Cour constitutionnelle où le président s’est fait destitué et l’INIDH qui a du mal à renouveler le bureau exécutif. Qu’est ce que cela vous inspire?

C’est très grave comme mentalité ce que nous constatons. D’abord, commençons par l’Ufdg : quelqu’un parce qu’il est président décide d’exclure qui il veut du parti au détriment du Statut, des Règlements et des principes démocratiques. Vous avez la même situation au niveau des syndicats. Certains excluent d’autres sous prétexte que ceux-ci sont rebelles parce qu’ils ne sont pas dans la même ligne syndicale que la hiérarchie. Vous voyez également au niveau de la Cour constitutionnelle et, peut être pas le même problème, au sein de l’INIDH. C’est un mal qui est généralisé. Un autre cas, (allusion faite a l’UFR, Ndlr) un supplément qui a été longtemps refusé. Alors que naturellement, légalement lorsqu’un député est absent ou a quitté son poste au niveau du parlement, et comme c’était un représentant uninominal, il devrait être remplacé par son suppléant. C’est la règle la plus simple, mais tout cela pose problème. Dés que des intérêts sont en jeu, chacun cherche des prétextes farfelus pour refuser l’application correcte de la loi. C’est un sérieux problème de mentalité, de gouvernance et pour le devenir de ce pays. Si les élites sont incapables de donner de bons exemples dans l’application des lois comment les citoyens lambdas vont-ils avoir une culture d’acceptation de la loi et de son application ? Dans ce cas, ça devient une anarchie totale et il faut que ça s’arrête. Au-delà des personnages qui gouvernent aujourd’hui, l’Etat doit demeurer parce que s’il est totalement déstabilisé, c’est la sécurité collective et la paix qui seront compromises pour très longtemps. Et là, nous ne pouvons pas l’accepter.

Le chef de l’Etat a promis d’écouter la majorité silencieuse et de former un nouveau gouvernement. Quelle est votre réaction?

Beaucoup de structures et d’institutions ont fait ressortir la nécessité absolue de lutter contre la corruption, de stopper l’impunité sous toutes ses formes et d’assurer la sécurité de personnes et de biens. De ce point de vue, ce sont les rôles et les missions de l’Etat qui sont évoqués et qui demandent à être restaurés parce que c’est notre intérêt à tous que notre pays puisse évoluer dans la paix.

Est-ce que vous êtes intéressé ?

Pour le moment, je n’ai rien à dire par rapport à cela parce que cela ne s’est pas posé.

Peut on s’attendre, un jour, à un retour aux vieilles amours entre Bah Oury et Cellou Dalein Diallo?

Moi, je ne suis pas quelqu’un qui fonctionne selon des humeurs, je suis pour le respect des principes, d’une certaine formes de cohérence dans l’action. Je veux que mon pays avance. Je veux que les institutions puissent être expérimentées dans le bon sens. Je veux que la dynamique démocratique se renforce. Et tous ceux qui vont dans ce sens trouveront à mon niveau une oreille attentive et une coopération de bon aloi. Mais, tous ceux qui vont dans un sens contraire à ce dynamique ne pourront pas trouver en Bah Oury quelqu’un qui pourrait accepter des déviances graves qui risquent de compromettre l’avenir de tout un pays.

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