Publireportage – L’Université Kofi Annan de Guinée (UKAG), en partenariat avec la société minière Rio Tinto, a organisé ce vendredi 30 janvier 2026 la troisième édition de la conférence de presse intitulée « Femmes dans les mines : Opportunités de carrière en Guinée ». Une rencontre placée sous le signe de l’inspiration, du plaidoyer et de l’engagement, dans un contexte où les femmes ne représentent encore qu’environ 15 % de la main-d’œuvre du secteur minier guinéen.
Réunissant étudiants, jeunes diplômés et acteurs clés du secteur, l’événement a mis en lumière les enjeux de leadership féminin et d’accès équitable aux opportunités professionnelles, notamment à l’heure où le projet structurant Simandou 2040 ouvre de nouvelles perspectives économiques pour le pays.
Prenant la parole en ouverture, Fanta Kaba, directrice du service logistique-achats de l’UKAG, a appelé à déconstruire les stéréotypes persistants autour des métiers miniers. « La logistique est beaucoup considérée comme un monde d’hommes, et pourtant je suis là, et pourtant vous êtes là. Le secteur minier lui aussi est souvent perçu comme un monde d’hommes. Brisons ce tabou ensemble », a-t-elle déclaré, avant d’insister sur l’urgence du changement : « Ce chiffre de 15 % n’est pas une fatalité, mais un appel pour le changement. »
Selon elle, le projet Simandou marque un tournant décisif : « Les opportunités sont là, et les portes s’ouvrent. Franchissons ces portes. Sinon, la Guinée avancera avec la moitié de son potentiel. »
Un message fort de l’industrie minière
Au nom de Simfer, Ibrahima Chérif a souligné la dimension historique du secteur minier pour la Guinée. « Aujourd’hui, nous faisons plus qu’organiser une conférence, nous lançons un message fort. La place de la femme est aussi dans les mines », a-t-il affirmé, invitant les jeunes femmes à se former et à croire en leur légitimité : « Demain, les femmes qui transformeront le secteur minier sont dans cette salle. »
Pour Aïssata Béavogui, représentante de Women in Mining (WIM) Guinée, l’enjeu est autant statistique que culturel. « Le secteur minier représente presque 25 % du budget national et environ 85 % des exportations. Pourtant, sous cette masse critique d’hommes, les femmes restent minoritaires », a-t-elle expliqué, détaillant des taux de représentation féminine oscillant entre 4 % et 19 % selon les niveaux de responsabilité. Elle a insisté sur la nécessité d’agir en amont : « La meilleure des façons de changer ce paradigme, c’est d’aller dans les centres d’enseignement. »
Le plaidoyer du fondateur de l’UKAG
Moment fort de la conférence, l’intervention de Dr Ousmane Kaba, fondateur de l’Université Kofi Annan de Guinée, a donné une portée stratégique et sociétale au débat. « Quand on parle des mines en Guinée, on pense d’abord aux hommes, aux machines, à la force physique. On pense rarement aux femmes, et pourtant le potentiel des femmes est tout aussi riche », a-t-il souligné.
Pour lui, l’absence des femmes dans les mines est une perte collective : « Lorsque les femmes sont absentes de ces espaces, ce sont leurs réalités, leurs intelligences qui sont absentes des décisions. »
Présentant les dispositifs d’insertion professionnelle, Aissatou Bah, responsable des programmes graduate et stages de Rio Tinto et Simfer, a rappelé l’importance stratégique du secteur : « Le secteur minier, c’est autour de 20 % du budget de la Guinée et plus de 80 % des exportations. Mais les femmes n’y représentent que 15 %. C’est très peu pour la moitié de la population. »
Elle a également insisté sur l’évolution technologique du secteur : « On aura de moins en moins besoin de forces physiques. Tous les compartiments du secteur minier sont des opportunités pour les femmes. »
Des parcours inspirants et un engagement institutionnel
De son côté, Demba Camara, directrice des ressources humaines à la Compagnie du Transguinéen (CTG), a livré un témoignage personnel marquant : « Je voulais avoir un impact, laisser une trace utile. J’ai compris très tôt que derrière le “scandale géologique” de la Guinée se cachait une grande responsabilité », a-t-elle confié, encourageant les jeunes femmes à se projeter dans des carrières longtemps perçues comme masculines.
La conférence a également bénéficié du soutien institutionnel du ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, qui a salué une initiative alignée avec la vision présidentielle. « Encourager les jeunes filles à envisager des carrières ambitieuses dans les mines, ce n’est pas seulement promouvoir l’égalité des chances, c’est renforcer la compétitivité et la durabilité de notre économie », a déclaré la représentante du ministère.
Clôturée par des panels, des échanges interactifs et des témoignages, cette troisième édition de « Femmes dans les mines » s’impose comme un espace de dialogue et de projection pour une nouvelle génération de femmes guinéennes, appelées à jouer un rôle central dans la transformation économique portée par le projet Simandou et, plus largement, par le secteur minier national.



