MENA-ETFP : le CECCNRG interpelle Bintou Keïta sur l’urgence du dossier des contractuels

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Au lendemain de la nomination de Bintou Keïta à la tête du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (MENA-ETFP), les réactions se poursuivent. Le porte-parole du Collectif des enseignants contractuels communaux non retenus au concours d’accès à la fonction publique (CECCNRG), Diaka Sow, a salué cette désignation tout en exhortant la nouvelle ministre à apporter rapidement des réponses aux nombreux défis auxquels fait face le système éducatif guinéen.

Avant d’évoquer les attentes de son collectif, Diaka Sow a rendu hommage au ministre sortant et félicité Bintou Keïta, mettant en avant son riche parcours au sein des Nations Unies.

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« Nous apprécions le travail qui est abattu par l’ancien, mais tout en félicitant la nouvelle ministre, Madame Bintou Keïta, qui a déjà un parcours exemplaire au niveau des Nations Unies de plus de 30 ans de service. C’est un parcours vraiment impressionnant. »

Selon lui, cette solide expérience internationale constitue un véritable atout pour l’école guinéenne.

« Nous estimons que l’expérience qu’elle a pu acquérir au sein des institutions internationales, elle peut mettre ça au service de l’éducation guinéenne. »

Toutefois, le porte-parole du CECCNRG souligne que la nouvelle ministre hérite d’un département confronté à d’importants défis et estime qu’une réorganisation interne s’impose.

« Elle vient de trouver un département avec beaucoup de problèmes, beaucoup d’attentes et un département qui est très complexe. Il faut d’abord assainir l’entourage, les quatre départements, mais également les services déconcentrés, si elle veut avoir la main libre pour travailler et réformer le système éducatif. »

Pour Diaka Sow, la réussite de la nouvelle équipe dépendra en grande partie du choix des collaborateurs qui entoureront la ministre.

« Quand on est ministre, on a la lourde tâche de pouvoir soigner son entourage. Parce que si l’entourage n’est pas bien choisi, l’entourage peut créer l’échec du ministre », a-t-il rappelé.

Revenant sur le contexte qui a précédé le changement à la tête du ministère, il a évoqué les controverses ayant entouré les examens nationaux, notamment le décès d’un candidat à Kindia, un événement qui, selon lui, a profondément marqué l’opinion publique.

« Ce qui a déclenché une vive émotion au sein de la population guinéenne, c’est l’emprisonnement de ce jeune élève de 17 ans qui a finalement rendu l’âme. Cela a suscité beaucoup d’émotions. Ce n’est pas dire que Alpha Bacar n’est pas compétent, mais politiquement, le président ne peut pas accepter ce qui peut créer assez de tensions au sein du gouvernement. »

Le CECCNRG attend désormais des mesures concrètes de la part de la nouvelle ministre, notamment sur le dossier des enseignants contractuels communaux non retenus au concours d’accès à la fonction publique. Diaka Sow rappelle que les différentes étapes administratives ont déjà été franchies et espère un déblocage rapide du processus.

« Nous espérons qu’elle pourra faire bouger les lignes auprès de ses homologues du ministère du Travail et de la Fonction publique, afin que ce qui est bloqué au niveau des trois commissions techniques puisse se débloquer et qu’enfin les enseignants contractuels puissent obtenir leur arrêté d’engagement et servir valablement les écoles de la République, parce qu’il y a un manque criard d’enseignants à l’intérieur du pays. »

À l’approche de la rentrée scolaire, le porte-parole du collectif estime qu’il devient urgent de trouver une issue à cette situation, faute de quoi de nouvelles tensions pourraient apparaître.

« Sans cela, ça sera très difficile pour la nouvelle ministre de gérer, parce que cela va donner lieu à de nouvelles tensions avant même l’ouverture des classes. Il ne nous reste qu’un mois, quelques semaines. »