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Aboubacar Kéita: «les gardes pénitentiaires sont traités comme des lapins»

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Les 600 gardes pénitentiaires guinéens sont en grève depuis lundi 26 mars 2018. Ils réclament l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

 

Sur les raisons de cette grève, le secrétaire général à l’information de la commission de suivi et de discipline du personnel de l’administration pénitentiaire explique : «Nous sommes en grève parce que nous souffrons actuellement. Nous sommes le seul corps paramilitaire qui n’est pas gradé et dont les statuts ne sont pas validés. On peut nous attraper et nous mettre en prison sans aucune vérification».

Depuis 2001, ajoute Aboubacar Kéita, les gardes pénitentiaires sont sans grade et sans formation. «Nous avons écrit au département pour lui signifier notre préavis de grève, mais il n’a rien fait. Ils ont attendu qu’on déclenche notre grève pour venir nous demander de faire des négociations. Comment on va négocier avec eux alors qu’ils n’ont pas respecté les accords que nous avons signés en 2017. Qu’ils appliquent les accords passés et ensuite on va parler».

La rupture du ravitaillement

«Nous sommes dans les prisons 24h sur 24, mais ne sommes pas protégés. Le ravitaillement en denrées alimentaires qu’ils avaient commencé à donner en octobre, novembre et décembre 2017, ils ont arrêté. Depuis janvier 2018, on ne reçoit pas. On n’a pas de salaire, c’est un pécule qu’on reçoit. Nous sommes mal payés», s’indigne le garde Kéita avant d’avertir que, désormais, les gardes pénitentiaires vont réclamer leurs droits.

«Ce n’est qu’avant-hier, samedi 24 mars, qu’ils ont commencé à appeler les régisseurs pour demander d’envoyer les noms des 3 personnes pour la formation. Nous sommes rentrés en 2003 à l’école de Sonfonia. Nos promotionnaires de la police sont aujourd’hui capitaines ou lieutenants et, nous, jusqu’à présent on n’a pas même pas obtenu un seul grade».

Sans salaire et sans son ravitaillement, explique Kéita, le garde pénitentiaire est exposé à un autre problème. «En cas d’évasion, ils nous appellent directement pour nous mettre sous mandat de dépôt. Notre président, Mamady 2 Camara, est actuellement en prison à Mamou parce qu’il y a eu une évasion. Quand un détenu tombe malade, on l’envoie à l’hôpital. Les gardes pénitentiaires ne rentrent pas dans le bloc parce que les détenus ont leurs droits. Dans ces conditions, si un détenu s’évade, ils ne cherchent même pas à savoir ce qui s’est passé, on nous fout en prison. Nous ne sommes pas protégés, on nous traite comme des lapins».

La grève des gardes pénitentiaires a perturbé les audiences dans les tribunaux du pays.

Les grévistes exigent la satisfaction totale de leurs revendications. Entre autres, le ravitaillement en denrées, l’application du Statut particulier, la formation et l’équipement. Ainsi que l’attribution des grades et la prise en charge des 54 bénévoles.

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