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Tidiane Souaré, ancien PM: « Bolloré, son crime c’est de n’avoir pas offert la soumission à la hauteur de son étendue financière »

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Premier ministre en 2008 au moment de l’octroi, par appel d’offre, de la gestion du Terminal à Conteneurs (Tac) du port de Conakry à Getma International, Tidiane Souaré sort de son silence. Concernant «l’affaire Bolloré» qui défraie la chronique, il fait des révélations sur Alpha Ibrahima Keira, à l’époque, ministre secrétaire général à la présidence de la République.

L’ancien et dernier Premier ministre sous le règne de Conté, Ahmed Tidiane Souaré était l’invité de l’émission «Les grandes gueules » de ce jeudi 24 mai 2018. Parmi les sujets évoqués, l’affaire Bolloré. Décryptage !

«La justice française est libre de traiter ses justifiables comme elle l’entend. (…) J’écoute des sirènes qui montent et descendent. Le dossier Bolloré a été initié par le gouvernement de large consensus. Pourquoi Bolloré, avec toute sa surface financière, proposerait seulement dix millions (Getma avait proposé 15 millions Usd avec un paiement de 50% à l’immédiat, Ndlr)? C’était un mépris pour la Guinée ? Ou le refus d’accompagner l’Administration, ou bien il y avait un deal antécédent ?

Le crime de Bolloré

« L’appel d’offres (concernant la gestion du port de Conakry, Ndlr) est très clair. Bolloré, son crime c’est de n’avoir pas offert la soumission à la hauteur de son étendue financière et de ses compétences techniques. Le crime de Bolloré, c’est d’avoir loupé l’appel d’offres. Ce n’est pas d’avoir récupéré à la fin. Le crime de Getma, ce n’est pas de gagner l’appel d’offres, ils ont soumissionné et gagné selon la règle de l’art. Le crime de Getma, c’est de n’avoir pas respecté les engagements contractuels. Aujourd’hui, les problèmes qui se posent , c’est le gouvernement quel qu’il soit lorsque des engagements ne sont pas respectés, le gouvernement est libre de résilier et d’attribuer le contrat à quelqu’un.

La Procédure…

« Il faut qu’on sépare les volets. Ce sont des sirènes et moi, je ne réponds pas à ces sirènes. Moi je suis Premier ministre, je connais tout ça. Des sirènes qui s’évertuent pour les besoins de la cause à démontrer que tout cela arrive parce que Getma a eu la concession par des pratiques corruptives. On cherche à dire que l’attribution de la concession à Getma, s’est faite sur base de la corruption. Moi, je dis tout justement, c’est un divertissement, c’est une distraction pure et simple. Ces athlètes de tous les temps, de tous les lieux, qui étaient aux affaires pendant que Getma remportait. Ils tentent encore à être aux affaires mais qu’ils recherchent leurs arguments ailleurs. Le problème qui est posé aujourd’hui, la justice, c’est le mode d’attribution du terminal à conteneurs à Bolloré. Pour Getma, je vous réponds, je vous dis ici, tout ce que je vous dis peut être prouvé par des actes écrits. L’administration, ce n’est pas des vœux, des chimères, c’est des actes écrits. L’attribution du TAC s’est déroulée selon les règles de l’art. Le gouvernement de consensus a initié et évalué. A deux semaines de l’ouverture des prix, ce gouvernement a été remercié. Le gouvernement de large ouverture est venu et dans le souci de la continuité de l’administration nous avons ouvert les plis et donné au meilleur. On prête des intentions au Président Conté, je suis déchu que certains de ses proches (…).

« Quand il y a eu le dépouillement, le ministre des Transports m’a amené la liste, le classement que j’ai présenté au président Conté devant le ministre Secrétaire général qui était Kéira (Alpha Ibrahima Keira, actuellement membre du Bureau politique national du Rpg Arc-en-ciel, Ndlr) et le ministre des Transports et moi-même. Nous étions quatre. J’ai dit voici le résultat, monsieur le président. Premier Getma, Bolloré, etc. J’ai dit monsieur le président, c’est le résultat. Avez-vous une préférence particulière ? Cela se fait, ce n’est pas de la corruption. Le président de la République est le détenteur de la raison d’Etat. Il peut avoir des raisons que les techniciens ne connaissent pas pour refuser, disqualifier ou améliorer la position d’une entreprise dans une compétition. Pour cette raison, avez-vous un choix particulier? Il m’a dit non, donnez au meilleur. C’est ça la vérité. Tout le reste, ce n’est que des équilibrations.

Précisons sur les accusations de M. Kéira….

« Je dois dire que c’est une question de jeu de cartes. J’ai assisté à une réunion où un grand conseiller respectable du Président Alpha a dit en plénière : les cadres vous mentent. C’était à propos de ce dossier. Si aujourd’hui, on exhibe des lettres dans les journaux, c’est bien beau, mais, je dis souvent, le silence et la réserve constituent des attitudes pour un homme d’Etat, c’est le Général De Gaule que je cite. Ces sirènes ont le droit de parler aujourd’hui. Ils ont le devoir de réserve et s’ils doivent parler qu’ils s’appliquent qu’à dire que la vérité parce que les actes existent. Ce courrier dont vous parlez, il a été examiné en conseil de ministres. Le conseil des ministres a abouti à deux décisions à l’époque. La première, c’était de dire que le ministre SG de la présidence (M. Keira, Ndlr) n’est pas outillé pour écrire une lettre technique tel que vous l’avez lue comme ça. Il n’y a pas de techniciens d’armateurs à la présidence de la République en ce qu’on sache. Il a été avéré que c’était une partie de pêche avec la direction du Port autonome de Conakry. Le conseil a révélé ça. Et le ministre, auteur de la lettre, a présenté des excuses publiques. Il y a le PV du conseil. Tous les ministres du gouvernement de large ouverture se souviennent. Ça c’était la première décision.

« J’ai senti un acharnement approprié… »

« Quand il y a eu le coup d’Etat, j’étais à la tribune le jour des funérailles de Lansana Conté. Nous avons un honorable député ici Fadiga de Kindia. C’était le groupe Bolloré. Dans la tribune en compagnie du vice-président du CNDD, le général Toto. Fadiga me dit monsieur le Premier ministre, et le dossier Bolloré-Getma maintenant? Je lui ai dit que les nouvelles autorités s’en chargeront.

Le délai de résiliation

« Il fallait attendre trois mois avant de résilier le contrat de Getma. La norme, la règle, ça devrait être gérée comme ça. Mais comme vous le savez, je suis un observateur de cette phase et que je n’étais pas aux affaires. En tout cas, si des raccourcis ont été pris, moi, j’impute la responsabilité aux cadres».

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