« La Guinée avance » : à l’ONU, Mamadi Doumbouya défend ses « propres choix »

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À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, Mamadi Doumbouya a voulu présenter une Guinée qui, selon lui, avance en s’appuyant sur ses propres choix institutionnels, économiques et stratégiques. Le président guinéen a défendu une vision du développement fondée sur la souveraineté nationale, l’adaptation des modèles aux réalités locales et la transformation des ressources du pays au service de sa population.

Trois ans après son précédent passage devant cette même tribune, le chef de l’État guinéen est revenu sur sa critique des modèles de gouvernance appliqués en Afrique sans adaptation aux contextes nationaux. « Le modèle de gouvernance importé, sans adaptation, sur notre continent, peinait à porter les fruits attendus par nos populations. Je le maintiens », a-t-il déclaré.

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Mais cette nouvelle intervention, a-t-il expliqué, ne visait pas seulement à renouveler une critique. Elle devait surtout permettre de présenter le chemin emprunté par la Guinée. « Non pour dénoncer, mais pour partager quelques éléments factuels […] du chemin que la République de Guinée a choisi de tracer et des résultats que ce choix a produits », a-t-il affirmé.

Au cœur de son intervention figure la nouvelle Constitution guinéenne, présentée par Mamadi Doumbouya comme une traduction de la volonté nationale. Il l’a décrite comme une Loi fondamentale « façonnée par le peuple guinéen lui-même », issue d’un processus de discussion, d’amendement et d’adoption référendaire.
Selon le président guinéen, cette Constitution vise à prendre en compte les réalités propres du pays, notamment à travers une représentation renforcée des territoires et des communautés, ainsi qu’une reconnaissance de la diversité linguistique, religieuse et culturelle comme un facteur d’unité nationale.

Dans son discours, cette démarche institutionnelle illustre une idée centrale : chaque pays doit pouvoir définir son propre modèle en fonction de son histoire et de ses réalités.

Dans cette même logique, Mamadi Doumbouya a mis en avant l’organisation du cycle électoral guinéen et son financement par les ressources nationales. Il a affirmé que les différents scrutins directs ainsi que l’installation des institutions issues de ce processus avaient été financés « à cent pour cent par le Trésor guinéen ».

Le président guinéen a également affirmé qu’aucun de ces scrutins n’avait connu « d’incident significatif » sur l’ensemble du territoire national. Pour lui, cette expérience démontre qu’un pays africain peut organiser ses processus institutionnels en s’appuyant sur ses propres capacités financières et administratives.

Sur le plan économique, Mamadi Doumbouya a présenté les infrastructures et les ressources naturelles comme les piliers d’une transformation nationale. Il a cité notamment « plus de mille kilomètres de routes bitumées », la construction d’écoles et d’hôpitaux, ainsi que plusieurs projets industriels destinés à valoriser les ressources minières du pays.

Le projet Simandou occupe une place centrale dans ce récit. Présenté comme « le plus vaste projet minier et d’infrastructures d’Afrique », il est décrit par le président guinéen non seulement comme un projet d’exploitation minière, mais comme un outil de transformation économique.

À travers le programme Simandou 2040, Mamadi Doumbouya affirme vouloir inscrire cette dynamique dans une vision de long terme. « Il ne s’agit pas seulement d’un projet minier », a-t-il déclaré, mais d’« un véritable levier stratégique » pour accélérer le développement des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, de l’éducation, de la santé et de l’industrie.

Le chef de l’État a également insisté sur la nécessité de transformer davantage les matières premières en Guinée, en évoquant les projets de raffineries d’alumine et la raffinerie d’or présentée comme la plus grande d’Afrique en capacité de production.

Au-delà des infrastructures et des ressources minières, Mamadi Doumbouya a placé la jeunesse au centre de son projet. « Notre plus grande richesse demeure toutefois notre jeunesse », a-t-il affirmé devant l’Assemblée générale.

Il a cité notamment l’initiative Simandou Academy, destinée à développer des formations adaptées aux besoins du marché du travail, ainsi que la promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat comme conditions essentielles pour permettre aux jeunes Guinéens de bénéficier des opportunités liées à la transformation économique annoncée.

Au-delà du cas guinéen, le président a inscrit son propos dans une réflexion plus large sur le développement africain. Pour lui, les pays du continent doivent pouvoir s’inspirer des expériences internationales tout en conservant la capacité de définir leurs propres trajectoires.
« Regardons l’Asie. Regardons certains pays du Proche-Orient. Ils n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé pour bâtir leur prospérité. Ils ont su s’inspirer de l’expérience universelle tout en l’adaptant à leur propre génie national. En une génération, ils ont accompli ce que d’autres ont mis un siècle à réaliser », a-t-il déclaré.

Poursuivant son propos, Mamadi Doumbouya a appelé à une nouvelle approche des relations internationales : « L’Afrique peut, elle aussi, emprunter cette voie. Ce n’est pas un rejet du monde ni de la coopération internationale, bien au contraire. C’est un appel à un partenariat renouvelé, respectueux de la souveraineté de chaque nation, fondé sur la co-construction gagnant-gagnant, plutôt que sur des schémas préétablis qui ignorent nos réalités. »

Pour Doumbouya, défendre ses propres choix ne signifie pas tourner le dos au monde. Il a ainsi réaffirmé que la Guinée entend rester « un partenaire fiable, ouvert et engagé envers l’ensemble de la communauté internationale », dans le respect mutuel des souverainetés.

Mamadi Doumbouya a résumé son message en ces termes : « La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple. »