Incendie du marché de N’zérékoré : Ibrahima Balaya Diallo dénonce « passivité et de laxisme »

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Quelques jours après l’incendie qui a ravagé le grand marché de N’zérékoré dans la nuit du jeudi au vendredi, les réactions continuent de se multiplier. Si le sinistre n’a fait aucune victime, il a causé d’importants dégâts matériels, réduisant en cendres des centaines de marchandises et plongeant de nombreux commerçants dans le désarroi. Plusieurs d’entre eux affirment avoir tout perdu.

Pour le président du Forum civil guinéen (FCG), Ibrahima Balaya Diallo, ce drame était loin d’être imprévisible. Joint par Guinee360, l’acteur de la société civile estime que cet incendie est la conséquence directe de la vétusté des installations et du manque de prévention dans les marchés du pays. « Le marché de N’zérékoré, en l’espace de cinq ans, c’est la deuxième fois qu’un incendie s’y déclare », rappelle-t-il, avant d’expliquer qu’il avait été témoin du précédent sinistre.

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« La dernière fois, j’y étais. Je me trouvais à moins de 300 mètres du marché, où je participais à une formation d’une centaine de secouristes organisée sous l’égide du PNUD, lorsque le feu s’est déclaré. Je m’en souviens parfaitement », raconte-t-il.

Selon lui, les insuffisances relevées après ce premier incendie n’ont jamais été corrigées.
« À l’époque, nous avions constaté que les installations du marché central de N’zérékoré étaient très vétustes. Cinq ans plus tard, nous avons le sentiment que rien n’a changé. »

Au-delà de l’état des infrastructures, Ibrahima Balaya Diallo déplore une absence de culture de l’entretien et de la prévention.
« Il y a deux choses que nous ne respectons presque jamais dans notre pays : les toilettes que nous utilisons et nos marchés. Pourtant, ce sont dans ces marchés que nous nous approvisionnons chaque jour en produits alimentaires. »

Pour le président du Forum civil guinéen, la réponse ne doit pas être uniquement matérielle. Elle passe également par un changement de comportement des citoyens et une politique de sensibilisation durable.
« Il faut travailler sur les comportements. Les citoyens doivent être sensibilisés afin que chacun comprenne ses responsabilités en matière d’assainissement et de préservation des espaces publics. Aujourd’hui, nos marchés sont sales et vétustes. »

Dans ces conditions, estime-t-il, la répétition de tels sinistres ne peut surprendre. « Ce genre d’incident n’est malheureusement pas exclu, parce qu’il y a beaucoup de passivité et beaucoup de laxisme. »

Au-delà des constats, cet incendie relance le débat sur la sécurité des infrastructures marchandes en Guinée, notamment sur la nécessité de moderniser les installations électriques, de renforcer les dispositifs de prévention et d’améliorer les conditions d’entretien des marchés.

Pour les commerçants sinistrés, l’urgence est désormais de bénéficier d’un accompagnement afin de relancer leurs activités.

Ils appellent également les autorités à renforcer les mesures de prévention contre les incendies pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.