La Guinée entend engager une nouvelle dynamique dans la gestion de ses finances publiques. À l’ouverture de la retraite stratégique de la Direction générale du Budget, ce jeudi à Conakry, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a plaidé pour une réforme en profondeur de la gouvernance budgétaire, axée sur la performance et les résultats plutôt que sur la seule consommation des crédits.
Devant les responsables de l’administration financière, des experts ainsi que des partenaires techniques et financiers, la ministre a souligné que le principal défi du gouvernement ne réside plus uniquement dans la mobilisation des ressources publiques, mais dans leur utilisation efficiente au profit des citoyens.
« Notre véritable défi n’est pas seulement de mobiliser davantage de ressources. Notre défi est surtout de mieux les utiliser, de les exécuter plus rapidement et avec davantage de qualité, afin que chaque franc public produise le maximum d’impact », a déclaré la ministre.
À travers cette orientation, les autorités affichent leur volonté d’instaurer une nouvelle culture de gestion budgétaire, dans laquelle la performance de l’État sera évaluée non seulement à l’aune des taux d’exécution des budgets, mais surtout en fonction des résultats obtenus sur le terrain.
« Notre ambition ne peut plus être uniquement de consommer les crédits. Elle doit être de produire des résultats tangibles pour les citoyens », a insisté Mariama Ciré Sylla.
Pour illustrer cette vision, la ministre a rappelé que chaque dépense publique doit générer des retombées concrètes dans le quotidien des populations. « Chaque franc inscrit au budget doit devenir une école construite, un centre de santé équipé, une route achevée, un village alimenté en eau potable, une entreprise soutenue et des emplois créés », a-t-elle souligné.
Cette approche place la qualité de la dépense publique au cœur de l’action gouvernementale. L’objectif est désormais de garantir que les ressources engagées répondent efficacement aux besoins des populations et contribuent durablement au développement économique et social du pays.
Au cours de son intervention, Mariama Ciré Sylla a également mis l’accent sur l’exécution budgétaire, qu’elle considère comme l’un des principaux leviers d’amélioration de la performance de l’administration publique.
S’adressant directement aux Directeurs des affaires financières (DAF), elle les a appelés à assumer pleinement leur rôle dans la mise en œuvre des politiques publiques. « Vous êtes bien plus que des gestionnaires administratifs. Vous êtes les chefs d’orchestre de l’exécution budgétaire au sein de vos ministères. Vous êtes le lien entre les décisions du Gouvernement et les réalisations concrètes sur le terrain », a-t-elle déclaré.
La ministre a par ailleurs alerté sur les conséquences des lenteurs administratives et des dysfonctionnements dans la chaîne de dépense, estimant qu’ils compromettent directement la réalisation des projets publics. « Chaque dossier retardé représente une école, un centre de santé ou une route qui attend. Chaque paiement différé fragilise une entreprise», a-t-elle averti.
Évoquant les perspectives économiques du pays, Mariama Ciré Sylla a estimé que l’entrée en production du projet Simandou et la mise en œuvre de la Vision Simandou 2040 imposent une administration financière plus réactive, moderne et performante. « Notre pays vit un moment décisif de son histoire. Avec l’entrée en production de Simandou et la mise en œuvre de la Vision Simandou 2040, la Guinée dispose d’une opportunité historique d’accélérer sa transformation économique et sociale », a-t-elle affirmé.
Pour accompagner cette transformation, la ministre a appelé à une réforme profonde des méthodes de travail au sein de l’administration financière. « Le statu quo n’est plus une option. Nous devons repenser nos procédures, renforcer notre collaboration, accélérer la digitalisation, améliorer la programmation budgétaire, professionnaliser les fonctions financières et renforcer la culture de la performance », a-t-elle déclaré.
La ministre a enfin identifié plusieurs priorités stratégiques, notamment la modernisation des procédures, l’accélération de la digitalisation, le renforcement de la transparence, de la redevabilité ainsi que l’amélioration du suivi des investissements publics.
Selon elle, cette transformation devra mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne financière afin de répondre aux attentes des citoyens. « Le coût de l’immobilisme est infiniment supérieur au coût du changement. Nos populations nous jugeront non pas sur nos intentions, mais sur les résultats que nous produirons », a-t-elle lancé.

