Procès Hadya, SoprAlpha et Saad : le parquet requiert des peines avec sursis et le retrait des contenus

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Le dossier opposant le ministère public aux coaccusés Hadiatou Bah, alias « Bandirou », Mamadou Alpha Baldé, connu sous le pseudonyme « SoprAlpha », et Ahmed Saada Diallo, dit « Saad », a été examiné pour la troisième fois ce mercredi 17 juin 2026 devant le Tribunal de première instance de Dixinn.

Les trois prévenus sont poursuivis pour des faits présumés d’« atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus » commis au moyen d’un système informatique.

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Après plusieurs heures d’attente dans le box des accusés, les trois prévenus ont finalement été appelés à la barre à 18h50.

À l’ouverture des débats, le tribunal a constaté l’absence de l’une des parties.
Une brève polémique est ensuite survenue autour de la date de renvoi de l’affaire à l’audience précédente. Selon les explications du procureur, appuyées par la défense, le dossier avait initialement été renvoyé au 24 juin. Il a précisé que la tenue de l’audience ce mercredi s’expliquait par le décès de l’ancien ministre Maurice Togba Zogbelemou, dont les obsèques sont prévues le mercredi suivant, rendant incertaine la tenue de l’audience à cette date.

Le tribunal a ensuite ordonné l’ouverture des plaidoiries. L’avocat d’Alpha Oumar Diallo, propriétaire de la société Bellingham, est intervenu en premier.

Dans sa plaidoirie, il est revenu sur les propos tenus par Hadiatou Bah lors de son interview, au cours de laquelle elle avait affirmé que Bellingham était « un lieu de racket pour les prostituées ». L’avocat a rappelé que la prévenue était ensuite revenue sur cette déclaration, expliquant qu’il s’agissait d’un lapsus.

Estimant que ces propos ont porté atteinte à l’honneur de son client, il a demandé au tribunal de retenir Hadiatou Bah dans les liens de la culpabilité pour diffamation et de la condamner au paiement d’un franc symbolique à titre de réparation.

S’agissant de Mamadou Alpha Baldé et d’Ahmed Saada Diallo, l’avocat a contesté leur qualité de journalistes. « Ils n’ont jamais été, d’ailleurs, cela n’a jamais été prouvé devant votre Tribunal », a-t-il soutenu.

Il a également demandé qu’ils soient reconnus coupables de diffamation calomnieuse et condamnés au paiement d’un montant symbolique. Pour rétablir l’image de son client, il a sollicité du tribunal qu’il ordonne la réalisation et la diffusion, sur le même canal de communication, d’un nouveau contenu destiné à contredire la première vidéo jugée préjudiciable à la réputation de l’entreprise Bellingham.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République est revenu sur les déclarations de l’artiste Hadiatou Bah, estimant que celles-ci constituaient une apologie du proxénétisme et portaient atteinte aux personnes les plus vulnérables, notamment les femmes et les mineures. Il a qualifié ces propos de « graves et dangereux pour la société ».

Le magistrat a rappelé que l’article 346 du Code pénal définit le proxénétisme comme l’activité de toute personne qui tire profit de la prostitution d’autrui. Il a également cité l’article 347, selon lequel toute personne qui aide, assiste ou protège une activité de prostitution est passible de poursuites.

Selon le parquet, les faits reprochés à Hadiatou Bah s’inscrivent dans ce cadre.
Le procureur a également estimé que la diffusion de ces propos sur les réseaux sociaux aggravait leur portée. Selon lui, les deux créateurs de contenus, Mamadou Alpha Baldé et Ahmed Saada Diallo, ont contribué à banaliser la prostitution à travers la diffusion de cette interview.
Au terme de ses réquisitions, le ministère public a demandé au tribunal de déclarer Hadiatou Bah coupable des faits de proxénétisme et de diffamation et de la condamner à deux ans d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’au paiement d’une amende de 25 millions de francs guinéens.

Il a également requis une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis contre Mamadou Alpha Baldé et Ahmed Saada Diallo, assortie d’une amende de 15 millions de francs guinéens chacun pour diffusion de contenus, atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus.

Le parquet a enfin sollicité le retrait de toutes les publications relatives à cette affaire des différentes plateformes de réseaux sociaux.

À l’issue de cette audience, le Tribunal de première instance de Dixinn a renvoyé le dossier au 1er juillet 2026 pour la poursuite des réquisitions et des plaidoiries.