Guinée : que disent les chiffres sur le nombre de Burkinabè vivant en Guinée ?

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La fermeture des sites d’orpaillage dans la région de Siguiri continue d’entraîner des départs parmi les ressortissants étrangers installés dans les zones minières. Depuis cette décision, de nombreux jeunes orpailleurs, notamment des Burkinabè, ont pris la route de la frontière guinéo-malienne pour rejoindre le Mali.

Face à l’ampleur du mouvement, les autorités maliennes ont annoncé avoir recensé plus de 40 000 personnes à la frontière, dans la localité de Kourémalé.

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Le gouvernement malien parle d’« une véritable catastrophe humanitaire à la frontière de Kourémalé », précisant que « plus de quarante mille personnes ont été recensées ».

Mais attention aux interprétations hâtives. Certains ont rapidement présenté ces 40 000 personnes comme étant exclusivement des ressortissants burkinabè. Or, ce chiffre concerne plusieurs nationalités et ne se limite nullement aux citoyens du Burkina Faso.

Parmi les personnes recensées figurent notamment des Burkinabè, des Ivoiriens et des Maliens. Il est donc inexact d’attribuer l’ensemble de cet effectif à la seule communauté burkinabè.

45 000 Burkinabè établis en Guinée

Pour mieux comprendre l’ampleur de la présence burkinabè en Guinée, les données consulaires apportent un éclairage intéressant.

Selon les informations communiquées par l’ambassade du Burkina Faso en République du Mali, environ 45 000 ressortissants burkinabè vivraient en Guinée. Pourtant, sur cet effectif estimé, seuls 350 sont immatriculés auprès de l’ambassade.

La même source indique que la Guinée est le pays de sa juridiction qui accueille le moins de ressortissants burkinabè. Une communauté dont une grande partie travaille dans l’orpaillage artisanal, un secteur directement touché par les récentes mesures de fermeture des sites d’exploitation.

Au regard de ces éléments, il apparaît clairement que les quelque 40 000 personnes recensées à la frontière de Kourémalé ne sont pas exclusivement des ressortissants burkinabè. Elles sont de différentes nationalités. Il serait donc hâtif d’interpréter cette situation comme une chasse aux étrangers, notamment aux Burkinabè. Les chiffres disponibles invitent plutôt à distinguer les faits des amalgames.