C’est une décision qui pourrait apporter un véritable soulagement à de nombreux habitants de Conakry, confrontés depuis des années à des incertitudes liées à la situation foncière. Ce vendredi 16 octobre 2026, le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, a officialisé, par décret lu à la télévision nationale, le déclassement de vastes emprises foncières situées dans la zone industrielle de Simbaya Wanindara et sur l’île de Kassa.
À travers cette mesure, les autorités entendent ouvrir la voie à la régularisation foncière au bénéfice de nombreux citoyens, tout en encadrant l’occupation et l’aménagement de ces espaces.
Le décret porte sur deux zones importantes de la capitale et de ses environs.
À Simbaya Wanindara, dans la zone industrielle, la superficie concernée s’élève à 315 hectares, 38 ares et 35 centiares. Cette décision s’inscrit dans le prolongement du processus engagé par le décret initial de 1989.
Sur l’île de Kassa, le déclassement concerne une emprise de 435 hectares, 49 ares et 32,85 centiares. Une mesure qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour l’aménagement de cette île, tout en apportant davantage de clarté sur la situation foncière des terrains concernés.
Le texte ne prévoit toutefois pas une régularisation sans conditions. Son article 2 précise que les zones visées feront l’objet d’opérations de restructuration, de régularisation et d’aménagement au profit des occupants actuels. Ces opérations devront se dérouler dans le respect du Code de l’urbanisme et du Code foncier et domanial
Le décret fixe également des limites pour préserver les intérêts publics et éviter les occupations incompatibles avec les règles d’aménagement du territoire.
Ainsi, l’article 3 exclut plusieurs catégories de terrains et d’emprises du dispositif. Il s’agit notamment des parcelles déjà couvertes par des baux emphytéotiques ou des baux à construction, mais aussi des équipements et infrastructures d’utilité publique : écoles, centres de santé, terrains de sport, espaces verts, cimetières et lieux de culte.
Les installations des forces de défense et de sécurité sont également concernées par ces exclusions, tout comme les servitudes et les principales emprises routières. Celles-ci comprennent notamment la Route Le Prince, les transversales et les routes secondaires.
L’objectif est donc de permettre la régularisation des situations foncières visées sans remettre en cause les infrastructures publiques, les installations stratégiques ni les emprises réservées à la circulation.
La mise en œuvre de cette décision ne reposera pas sur un seul département. Le président de la République a instruit plusieurs ministères de veiller à son application, notamment ceux chargés de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, de la Défense nationale, ainsi que de l’Administration du territoire et de la Sécurité.
Chacun devra intervenir dans son domaine de compétence pour assurer le suivi de ce dossier, dont les enjeux sont particulièrement sensibles dans un contexte marqué par les difficultés liées à l’accès à la terre et à la sécurisation des droits fonciers.
En abrogeant toutes les dispositions antérieures contraires, ce décret marque une nouvelle étape dans la gestion du foncier sous la transition. Reste désormais à voir comment les opérations de restructuration et de régularisation seront conduites sur le terrain, et dans quelle mesure elles permettront aux occupants concernés de sécuriser durablement leur situation.

