Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement engagé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont transmis, en juin 2026, leurs notifications de retrait de l’institution, quelques mois après avoir annoncé leur décision de quitter le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI.
Les autorités des trois pays sahéliens justifient cette décision par leur rejet d’une Cour qu’elles accusent d’être un « instrument de répression néocoloniale aux mains de l’impérialisme ».
Le Niger a été le premier à officialiser sa démarche en adressant sa notification de retrait le 18 juin 2026 au secrétaire général des Nations unies, dépositaire du Statut de Rome. Le Burkina Faso et le Mali ont suivi six jours plus tard en transmettant à leur tour leurs notifications officielles.
Cette décision a suscité une réaction de la CPI. Dans un communiqué, la Présidence de l’Assemblée des États Parties au Statut de Rome indique prendre acte « avec préoccupation » des démarches engagées par les trois gouvernements sahéliens.
L’institution internationale dit par ailleurs « regretter ces développements », estimant que ces retraits « risquent de compromettre la poursuite collective de la justice et d’affaiblir les efforts mondiaux visant à mettre fin à l’impunité ».
« La CPI est au cœur du système international de responsabilité », a déclaré la Cour, tout en rappelant que son efficacité « dépend d’un soutien constant et sans équivoque de la communauté internationale ».
Face à la décision des trois pays de l’AES, la CPI a appelé au maintien du dialogue et invité le Burkina Faso, le Mali et le Niger « à demeurer des États parties engagés au Statut de Rome ».
Elle encourage également ces États à poursuivre « des échanges constructifs dans le cadre des travaux de l’Assemblée des États Parties ».
La Cour a toutefois rappelé que le retrait du Statut de Rome ne remet pas en cause les obligations liées à la période durant laquelle un État était membre de l’institution. « Le retrait du Statut de Rome ne libère pas un État Partie des obligations nées pendant la période au cours de laquelle il était partie au Statut », précise-t-elle.
Le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger intervient dans un contexte de profond repositionnement diplomatique des trois pays réunis au sein de l’AES. Depuis la création de cette alliance, leurs gouvernements affichent une volonté accrue de souveraineté et une prise de distance avec plusieurs organisations et partenaires internationaux.

