Alpha Bacar Barry dénonce la fraude au bac : « Des parents m’appellent pour aider leurs enfants »

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Alpha bacar Barry, ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation

Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, a présidé, mercredi 13 mai 2026, le lancement des travaux de l’atelier préparatoire des examens nationaux au siège de l’Institut national de recherche et d’action pédagogique (INRAP).

Devant les responsables du système éducatif guinéen, le ministre a tenu un discours sans détour sur les dérives qui entourent les examens nationaux, notamment la fraude scolaire et les interventions de certains parents pour favoriser la réussite de leurs enfants.

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Dans son intervention, Alpha Bacar Barry a insisté sur la nécessité de restaurer l’équité et la crédibilité des évaluations scolaires en Guinée.
« L’un des fondements essentiels de cette ambition, l’ambition du président de la République, qui consacre les efforts des élèves, des enseignants et des familles, traduit la capacité de notre système éducatif à garantir l’égalité des chances sur toute l’étendue du territoire national. Pour moi, ceci est important d’être dit. Les examens ne doivent pas être favorables à ceux qui maîtrisent WhatsApp et les groupes WhatsApp. Les examens ne doivent pas être favorables aux gens qui ont des parents qui investissent dans la fraude parce qu’il y a des parents qui investissent dans la fraude entre nous », a-t-il déclaré.

À travers cette sortie, le ministre a dénoncé les pratiques de fraude organisées autour des groupes WhatsApp pendant les examens, mais également l’implication de certains parents dans ces réseaux.

Le ministre a ensuite fait une révélation qu’il qualifie lui-même d’« inquiétante » : depuis sa nomination à la tête du département de l’Éducation, il affirme être régulièrement sollicité par des parents d’élèves cherchant à obtenir des interventions en faveur de leurs enfants lors du baccalauréat.
« La plupart des gens qui m’ont appelé depuis que je suis ministre de l’éducation, des parents d’élèves, c’est de les aider pour que leurs enfants aient le baccalauréat. On va se dire la vérité. Pour moi, ça, c’est inquiétant. Pour moi, c’est triste. Ça ne se fait pas», a-t-il révélé, sans citer de noms.

Des propos qui traduisent, selon lui, une banalisation progressive de la fraude et des interventions dans le système éducatif guinéen.

Au-delà de la dénonciation, Alpha Bacar Barry a plaidé pour une réforme profonde du système d’évaluation afin d’offrir davantage de chances aux élèves en difficulté.
« Il faut repenser à ça et que chacun d’entre nous ici présent, puisque nous sommes à la fois des éducateurs, nous sommes de la communauté éducative, nous sommes aussi des parents d’élèves. Et dans nos familles, pour parler justement des questions de blocage, il y a toujours un gamin, un enfant qui n’a pas pu valider un examen spécifique, soit l’examen d’entrée en septième, ou le baccalauréat », a-t-il indiqué.

Le ministre s’est notamment interrogé sur le manque d’alternatives proposées aux élèves qui échouent aux examens nationaux.
« Et nous savons tous que cet enfant, parce qu’il n’a pas eu le baccalauréat, est-ce que ça veut dire qu’il est bête ? Est-ce qu’il faut le bloquer pour autant ? Le constat est simple, il n’y a pas suffisamment d’offres alternatives à cet enfant pour qu’il puisse se rattraper, valider les compétences ou les apprentissages qu’il n’a pas pu valider pendant une période de temps. Et revenir dans un circuit normal, dans un cursus normal s’il en a envie. Pour moi, c’est ça la vraie question, c’est ça le débat », a-t-il ajouté.

Poursuivant son intervention, le ministre a invité les acteurs du système éducatif à réfléchir à des solutions concrètes pour moderniser les évaluations et favoriser une meilleure inclusion scolaire.
« Le débat que vous devez avoir aujourd’hui et demain, c’est comment on peut mettre en place un système d’évaluation qui permettra à tous les enfants de Guinée, sans investissement sur des groupes WhatsApp, sans investissement sur la fraude, de passer des examens, des évaluations, qu’ils puissent connaître en temps réel c’est quoi leur niveau. Et qu’ils puissent avoir des alternatives qui leur permettent », a-t-il lancé.