Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, s’est exprimé de nouveau ce lundi sur son absence du processus électoral en cours et sur la situation politique en Guinée. L’opposant affirme avoir été volontairement écarté de la course à la magistrature suprême et met ouvertement en cause la légitimité du pouvoir en place.
Alors que le porte-parole du gouvernement justifie son absence du fichier électoral par son non-retour d’exil, Cellou Dalein Diallo rejette cet argument.
Selon lui, les conditions sécuritaires actuelles rendaient son retour impossible. Il évoque un climat de répression généralisée, qu’il estime incompatible avec un processus électoral crédible. « Ceux qui s’apprêtaient à organiser une manifestation pour protester contre la fermeture des radios, où sont-ils aujourd’hui ? », s’est-il interrogé sur Rfi.
L’ancien Premier ministre cite plusieurs cas qu’il juge révélateurs de la situation politique et sécuritaire du pays. « Où est aujourd’hui le journaliste Marwan Kamara, qui dénonçait justement les dérives ? Et le général Sadiba Koulibaly, il a été tué sous la torture, dit-on, parce qu’il était partisan d’une organisation rapide des élections et du retour de l’armée dans les casernes », a-t-il déclaré.
Pour le leader de l’UFDG, son exclusion du processus électoral ne relève pas du hasard. Il estime avoir été ciblé en raison de son poids politique. « Moi, j’ai une voix qui porte. J’étais considéré comme un ennemi à abattre, et en tout cas à exclure du processus », a-t-il affirmé.
Au-delà de sa situation personnelle, Cellou Dalein Diallo remet en question la légitimité du pouvoir issu de la transition. Selon lui, les autorités actuelles ne disposent pas de l’adhésion populaire nécessaire pour gouverner durablement. « Le président sait bien qu’il n’a pas obtenu l’onction de la population. Le régime ne tient plus à rien et il peut s’effondrer à tout moment… », a-t-il soutenu, avant de s’interroger : « Est-ce qu’il va continuer à entretenir ce climat de terreur pour empêcher l’expression de la volonté du peuple ? »
Estimant que cette gouvernance ne saurait se prolonger indéfiniment, l’opposant conclut sur une note de défiance à l’égard du processus électoral en cours. « Ça ne peut pas être éternel », a-t-il déclaré, dénonçant « une confiscation éhontée du pouvoir à travers le scrutin ».



