Liberté provisoire contestée : Bandirou, Saad et SoprAlpha maintenus en détention après l’appel du parquet

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Le procès de l’artiste Hadiatou Bah, alias « Bandirou », ainsi que de ses coaccusés Mamadou Alpha Baldé, connu sous le pseudonyme « SoprAlpha », et Ahmed Saada Diallo « Saad », s’est poursuivi ce mercredi 10 juin 2026 devant le Tribunal de première instance de Dixinn, siégeant en matière criminelle.

Après plusieurs heures d’attente dans le box des accusés, les prévenus n’ont été appelés à la barre qu’aux environs de 19 heures. Dès l’ouverture des débats, le tribunal a annoncé la jonction des deux procédures ouvertes contre les accusés en un seul et même dossier. Une décision acceptée par l’ensemble des parties.

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Les trois prévenus sont poursuivis pour des faits présumés d’« atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus », commis via un système informatique.

Au cours de l’audience, la défense a sollicité une mise en liberté provisoire afin de permettre aux accusés de regagner leurs familles dans l’attente de la suite de la procédure. Le tribunal a accédé à cette demande. Toutefois, le parquet a immédiatement interjeté appel de la décision.

Cette opposition du ministère public a eu pour effet de maintenir Hadiatou Bah, Ahmed Saadate Diallo et Mamadou Alpha Baldé en détention, dans l’attente de l’examen de l’appel.

À l’issue de l’audience, Me David Beavogui, l’un des avocats de la défense, a exprimé sa déception face à la position du parquet. « C’est une déception dans la mesure où le procureur de la République vient de relever appel contre la décision de mise en liberté du président du tribunal. Donc nos clients ne sortiront pas de prison », a-t-il regretté.

L’avocat conteste la nécessité de la détention de ses clients au regard de la procédure. « Nous allons continuer de nous battre. Démontrer au procureur que leur détention au-delà de quatre semaines est une violation de l’article 465 du Code de procédure pénale. Nous sommes en matière de flagrant délit », a-t-il soutenu.

Sur le fond, Me Beavogui remet en cause les accusations portées contre les prévenus. « Les faits d’ailleurs qu’on leur reproche ne tiennent pas. Les questions de proxénétisme également, ce sont des propos que Hadiatou a tenus qui n’ont jamais été prouvés. Il n’y a pas de victime, il n’y a pas de plaignant », a-t-il affirmé.

Il s’interroge également sur la qualification juridique retenue. « Donc d’atteinte à l’ordre, à la sûreté publique, est-ce que les propos qui ont été publiés et tenus, en quoi ont-ils troublé l’ordre public ? La tranquillité publique ? La salubrité publique ? Il n’y en a pas. C’est un dossier vide », a-t-il déclaré.

La défense critique par ailleurs le fondement légal des poursuites. « Il faut que le procureur comprenne qu’on ne peut pas détenir des journalistes sur la base de la loi ordinaire. Il faut une loi spéciale. Ils ont appliqué l’article 32 de la loi sur la cybercriminalité et le Code pénal. Ça ne se doit pas », a soutenu Me David Beavogui.

L’avocat dit néanmoins espérer un revirement du parquet dans les prochains jours. « Nous estimons que les jours à venir, il va se réviser et il va se désister de son appel pour que nos clients retrouvent leur liberté », a-t-il conclu.

L’affaire a été renvoyée au 17 juin prochain pour la suite de la procédure.