Conakry accueille la 39e Conférence annuelle du CREDAF : la gestion des risques fiscaux au cœur des débats

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Publireportage – Les travaux de la 42e assemblée générale et de la 39e conférence annuelle du Cercle de Réflexion et d’Échange des Dirigeants des Administrations Fiscales (CREDAF) ont été officiellement lancés ce mardi 9 juin 2026 à Conakry en présence de plusieurs autorités gouvernementales, administrateurs fiscaux, experts internationaux et partenaires techniques.

Organisée conjointement avec la Direction générale des impôts de Guinée, cette rencontre de haut niveau se déroule sur trois jours autour d’un thème stratégique : «La gestion des risques axée sur la mobilisation des recettes intérieures en contexte de crise»

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Dans un contexte mondial marqué par des chocs multiples, économiques, climatiques, géopolitiques et financiers, les administrations fiscales sont appelées à se réinventer pour sécuriser leurs recettes et renforcer la souveraineté budgétaire des États.

Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre Amadou Oury Bah a replacé la fiscalité au cœur de la stabilité de l’État et du développement. « La stabilité d’un pays dépend de sa capacité à satisfaire les besoins de sa population. Et par quel pied un État peut-il satisfaire les besoins de sa population en levant des impôts ? »

Insistant sur l’importance de la transformation des mentalités face à l’impôt, il a souligné la nécessité de rapprocher l’État des citoyens : « Il faut que l’État intègre les mentalités des populations pour que les populations se retrouvent à travers les actes de l’État moderne. »

Le chef du gouvernement a également plaidé pour une meilleure intégration du secteur informel : « Il faut accroître notre capacité de mobilisation des recettes en intégrant le plus largement possible le secteur informel dans le formel. »

Il a enfin déclaré ouverte la 39e conférence du CREDAF, appelant à des recommandations concrètes pour renforcer les recettes publiques.

La Directrice générale des impôts, Fatoumata Foula Diallo, a salué le choix de Conakry pour abriter cette rencontre internationale, mettant en avant les avancées de la Guinée en matière de réforme fiscale. « La digitalisation de nos procédures, SAFIG 2, a permis non seulement d’accroître les recettes fiscales, mais aussi de sécuriser leur recouvrement, lutter contre la fraude et améliorer les relations avec les contribuables. »

Elle a insisté sur la pertinence du thème retenu : « La gestion des risques axée sur la mobilisation des recettes intérieures en contexte de crise est une brûlante actualité. »

Selon elle, les administrations fiscales doivent désormais composer avec des risques multiples : « Tensions géopolitiques, dérèglements climatiques, pressions sur les finances publiques, incertitudes monétaires… la résilience de nos États repose sur notre capacité à sécuriser nos recettes propres. »

Elle a appelé à un partage d’expériences entre pays membres pour renforcer l’efficacité des administrations fiscales.

La ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, a inscrit cette conférence dans une dynamique de transformation structurelle du pays. « Aucune nation ne peut durablement assurer sa prospérité en dépendant principalement des ressources des autres. »

Elle a rappelé que la mobilisation des recettes intérieures est devenue un pilier central de la stratégie nationale de développement : « La véritable souveraineté commence lorsque nous sommes capables de financer nos écoles, nos hôpitaux, nos routes grâce à nos propres efforts. »

Évoquant les mutations du contexte mondial, elle a insisté sur la nécessité d’adapter les administrations fiscales : « Le risque fiscal ne se limite plus à la fraude. Il englobe désormais la digitalisation, les flux transfrontaliers, les risques cybernétiques et l’économie informelle. »

Elle a également présenté les réformes engagées en Guinée : « Digitaliser les procédures, renforcer les capacités, rationaliser les dépenses fiscales et améliorer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale. »

un espace de coopération et d’innovation fiscale

Le président du CREDAF, Barnabé Muakadi Muamba, a rappelé le rôle stratégique du réseau dans la modernisation des administrations fiscales francophones. « Le choix de ce thème s’inscrit dans la droite ligne de la nouvelle stratégie du CREDAF décidée lors de la 40e assemblée générale. »

Il a également mis en avant les nombreuses activités menées par le réseau : « Des webinaires, des groupes de travail et des guides méthodologiques ont été produits pour renforcer les capacités des administrations membres. »

Selon lui, le CREDAF est avant tout un outil de mutualisation des expériences : « Un espace clé de coopération, de discussion et de partage entre administrations fiscales francophones. »

La vice-présidente du CREDAF a salué l’hospitalité guinéenne et la dynamique de coopération entre les pays membres. « Nous sommes heureux d’être ici à Conakry, un pays où tradition et modernité se conjuguent harmonieusement. »

Elle a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre administrations fiscales face à des défis communs : « Les crises deviennent une composante durable de notre environnement économique. »
Elle a également souligné l’importance de la gestion du risque comme outil d’efficacité administrative et de justice fiscale.

Pendant trois jours, les participants venus de divers pays et institutions internationales travailleront sur trois axes majeurs :
la gestion des risques liés à l’incivisme fiscal
la sécurisation des systèmes informatiques fiscaux
la gestion du capital humain dans les administrations fiscales

Ces travaux devraient aboutir à des recommandations opérationnelles pour renforcer la mobilisation des recettes intérieures dans un contexte de crises multiples.