La dissolution de quarante partis politiques par le gouvernement guinéen continue de provoquer de vives réactions au sein de la classe politique. Parmi les premières voix à s’élever figure celle de Souleymane Souza Konaté, coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG, qui dénonce une décision grave visant, selon lui, à réduire l’opposition au silence.
Dans un arrêté rendu public dans la nuit du vendredi 6 mars 2026 à la télévision nationale, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a annoncé la dissolution de plusieurs formations politiques pour « manquements à leurs obligations légales».
Parmi les partis concernés figurent des acteurs majeurs de la scène politique guinéenne, notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du peuple de Guinée–Arc-en-ciel (RPG-AEC) de l’ancien président Alpha Condé, ainsi que l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré, dont les principaux dirigeants vivent actuellement en exil.
Réagissant à cette décision, Souleymane Souza Konaté estime que les autorités ont franchi un seuil critique dans la gestion de la transition politique. « Depuis la nuit dernière, toutes les lignes rouges ont été franchies. La dissolution des partis politiques représentatifs du peuple de Guinée, ceux qui incarnent près de 95 % de nos compatriotes, constitue le dernier acte d’une véritable parodie politique dont l’objectif est l’instauration d’un parti unique en Guinée et le musellement définitif de toutes les voix discordantes », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’interdiction de ces formations politiques pourrait avoir des conséquences dangereuses pour la vie démocratique du pays. « Ce qui est particulièrement grave, c’est qu’en empêchant les acteurs politiques d’agir légalement et à visage découvert, on les contraint à la clandestinité, avec tous les risques que cela comporte pour la stabilité du pays et pour la démocratie », a-t-il ajouté.
Le responsable de l’UFDG va plus loin et estime que cette décision s’inscrit dans une série de ruptures institutionnelles. « Cette décision constitue le troisième coup d’État porté contre le peuple de Guinée, après la prise du pouvoir lors du coup d’État du 5 septembre 2021 et le hold-up électoral du 28 décembre », a-t-il affirmé.
Il a également annoncé la tenue prochaine d’une réunion interne du parti afin de définir sa position. « Le parti se réunira dans les prochaines heures afin d’examiner la situation. Des décisions importantes seront prises et un communiqué, ou une allocution du président, sera rendu public », a précisé Souza Konaté.
En attendant ces orientations, il appelle les militants au calme. « Aux militantes et militants du parti, nous lançons un appel au calme et à la sérénité. La direction nationale donnera très prochainement des consignes claires », a-t-il conclu, avant d’ajouter : « Trop, c’est trop. »


