Société »Désormais celui qui viole doit être castré », lance Asmaou Bah secrétaire générale du SYNEM

 »Désormais celui qui viole doit être castré », lance Asmaou Bah secrétaire générale du SYNEM
Désormais celui qui viole doit être castré selon Asmaou Bah secrétaire générale du SYNEM
 »Désormais celui qui viole doit être castré », lance Asmaou Bah secrétaire générale du SYNEM

Madame Doukouré Asmaou Bah secrétaire générale du syndicat national des employés de maison (SYNEM) a accordé une interview à notre rédaction. Au cours de cet entretien, elle a parlé entre autres de la fête des femmes, de la grève du SLECG, de la crise qui mine le mouvement syndical, de la recrudescence du viol en Guinée ces derniers temps. Nous vous proposons l’intégralité de cet entretien.

Guinee360.com: Qui est Mme Doukouré Asmaou Bah ?

Asmaou Bah: J’ai fait mes études primaires et secondaires à Labé. Après, je suis venue à Conakry où j’ai fait relation publique, marketing et communication dans une école professionnelle. Après le stage dans quelques entreprises, il y a eu l’inauguration de l’hôtel  »Novotel » en 1996. J’ai postulé et on m’a recrutée en tant que coordinatrice d’accueil, réceptionniste, standardise… C’est ici que j’ai commencé le syndicalisme. J’ai été syndicaliste ici pendant huit ans. On a fait trois mandats au cours desquels on a beaucoup défendu les travailleurs de Novotel. C’est de là que j’ai été secrétaire générale adjointe de la fédération alimentation générale de la CNTG. Par après, j’ai été désignée pour représenter les travailleurs domestiques de Guinée.

C’est ainsi qu’on a procédé à la mise en place du syndicat national des employés de maison (SYNEM) qui a été suivie par une élection. Après, les différentes structures évoluant dans le monde entier se sont réunies pour mettre en place une organisation commune. Chaque continent a créé son réseau. Après l’élection au niveau de l’Afrique, la Guinée par ma modeste personne a été désignée présidente du réseau africain des travailleurs domestiques en Afrique du Sud. En 2013, nous avons participé à l’inauguration du siège de la fédération mondiale des travailleurs domestiques à Montevideo en Uruguay. Dans le bureau exécutif de cette organisation, il n’y a que des femmes. La Guinée et l’Afrique du Sud représentent le continent africain. Là aussi, je représente notre pays. Tout cela a été fait à travers des élections.

Je suis aussi membre de l’association internationale des travailleurs de l’alimentation qui a son siège à Genève. Je dirige aussi le syndicat des travailleurs de l’alimentation et tourisme à l’ONSLG. Depuis 22 ans, je travaille à l’hôtel de l’indépendance  »Novotel « . J’ai travaillé dans tous ses services. Actuellement, je dirige le service recouvrement.

Comment se porte votre structure syndicale ?

Elle se porte bien malgré certains difficultés que nous rencontrons. Beaucoup de femmes ne connaissent pas leurs droits.

Nous sommes au mois de mars dédié aux femmes. Quelle lecture faites-vous de la situation des femmes dans notre pays ?

Avant tout d’abord, je souhaite une bonne fête à toutes les femmes du monde en général et à celles de la République de Guinée en particulier. J’apprécie beaucoup le thème de cette année qui parle des droits des femmes en milieu rural. Nous remercions le président Alpha Condé pour avoir dédié son second mandat aux femmes. La volonté ne manque pas, mais il reste beaucoup à faire pour l’émancipation des femmes en Guinée. Les violences faites aux femmes sont aussi à dénoncer. Récemment, il y a une femme qui a été tuée et enterrée par son mari. Les violences conjugales sont quotidiennes.

Quelle lecture faites-vous de la recrudescence du viol notamment sur les mineures en Guinée ?

Il est récurrent d’entendre qu’un grand gaillard a violé une fillette qui n’a même pas ses dix ans. Le plus souvent, on essaye de régler à l’amiable entre les familles. Il n’y a pas de sanctions à la hauteur de la forfaiture. Comme l’a dit une députée guinéenne, désormais celui qui viole doit être castré. Si on fait cela à deux ou trois violeurs, les autres vont se méfier. Je lance un appel à l’État de nous aider à mettre fin au viol dans notre pays.

Une grève générale et illimitée déclenchée par le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée paralyse le système éducatif guinéen depuis le 12 février 2018. Votre opinion sur ce sujet ?

En tant que parente d’élèves, je demande aux autorités de s’investir au maximum pour mettre fin à cette grève qui n’a que trop duré. De l’autre côté, le SYNEM est affilié à l’ONSLG qui a apporté son soutien au SLECG.

Le mouvement syndical guinéen traverse une crise depuis quelque temps. Selon vous cela est dû à quoi ?

La crise qui perdure au sein du mouvement syndical guinéen est due à un manque de solidarité. Quand on est une centrale mère, on doit être mobilisatrice et avoir le dos large. Quand on est grand et on rejette tout ce qui est petit, ce n’est pas bon parce que de fois, on peut se dire grand et être très petit. Et on peut se dire petit et être très grand. Tout le problème c’est au niveau de la CNTG. On ne doit pas dire que nous nous sommes représentatifs et les autres ne le sont pas. Maintenant, le terrain a montré ce qui est bien et ce qui est mauvais. Si le SLECG d’Aboubacar Soumah était considéré petit, il vient de démontrer le contraire. Ce sont les grands qui sont devenus maintenant petits. La classe ouvrière n’a qu’à ouvrir les yeux et dire non aux businessmen de crise dans le mouvement syndical. Je me demande où sont les anciens dans le mouvement syndical ? Pourquoi on est arrivé là ? On a une association des syndicalistes retraités. Pourquoi ceux-ci ne se lèvent pas et dire halte à la division ?

Quel conseil avez vous à donner aux femmes et filles qui veulent arriver là où vous êtes ?

Je leur demande de travailler dur et savoir qu’il n’y a pas de sot métier mais de sotes personnes. Le président Sekou Touré disait que le premier mari de la femme c’est son métier. La femme doit être indépendante. Il ne s’agit pas d’avoir de diplômes des plus grandes universités pour réussir. Moi j’ai étudié au Fouta et j’ai fait l’école professionnelle à Conakry ici mais ça m’arrive à être aux nations unies, à Genève et ma voix passe. Tout travail qu’on commence, il faut aller jusqu’au bout. Il ne faut pas accepter la facilité qui n’arrange rien.

Merci madame

C’est moi qui vous remercie.

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