L’instauration d’une session de rattrapage pour les candidats au baccalauréat à partir de la session 2026 continue de susciter des réactions au sein du système éducatif guinéen. Saluée par plusieurs acteurs, cette réforme est favorablement accueillie par le Syndicat national de l’éducation (SNE), qui y voit une réponse à une revendication de longue date.
Dans un entretien accordé à Guinée360, le chargé de communication du SNE, Boubacar Diesto Camara, a salué cette décision des autorités éducatives, qu’il considère comme une avancée majeure attendue depuis plusieurs années.
Selon lui, cette session de rattrapage constitue une mesure d’équité susceptible de redonner une chance aux candidats empêchés de composer pour des raisons indépendantes de leur volonté.
« Nous avons applaudi, nous avons accueilli à bras ouverts dans la mesure où depuis plus de 5 à 6 ans, nous avons tiré la sonnette d’alarme afin de donner la chance à ceux-là qui ont eu des malheurs pendant la passation des épreuves », a-t-il déclaré.
Le responsable syndical estime que des événements imprévus ne devraient pas compromettre les efforts consentis par les élèves durant toute une année scolaire. Il évoque notamment des drames familiaux, des catastrophes ou encore des situations médicales qui peuvent empêcher certains candidats de se présenter aux examens.
« Vous ne pouvez pas comprendre que pendant cette période, il y en a qui sont victimes de noyades, d’autres sont victimes d’inondations, d’autres également sont victimes des cas de mort et surtout des décès proches qui sont très chers, d’autres même par accouchement dans les hôpitaux. Moi je pense remettre en cause toute une année scolaire à cause d’une journée, cela également n’est pas approprié », a-t-il expliqué.
Au-delà de la question du rattrapage, Boubacar Diesto Camara a également insisté sur la nécessité de renforcer la formation technique et professionnelle. Il a notamment cité l’exemple de certains pays asiatiques, dont le développement repose, selon lui, sur la valorisation des compétences pratiques.
« Si vous prenez la Chine, le Japon, ils ont mis la théorie de côté pour prioriser la pratique. Et c’est cette pratique-là qui a permis à ces pays-là aujourd’hui de devenir de superpuissances mondiales. Et sur le plan économique, sur le plan militaire, je crois que les ingénieurs, ce sont également les artisans du développement d’une nation. Donc moi je pense que tous ceux qui vont être orientés dans ces écoles de formation, ce sont eux également qui ont la clé du développement de notre pays, la Guinée », a-t-il soutenu.
Évoquant les perspectives économiques liées au projet minier de Simandou, le porte-parole du SNE estime que cette réforme intervient à un moment stratégique pour le pays. Il souligne l’importance de former des techniciens et des ingénieurs guinéens capables de répondre aux besoins des grands projets nationaux.
« Et surtout que nous avons aujourd’hui notre sésame qui est Simandou. Alors si nous n’avons pas de techniciens, nous n’avons pas également des ingénieurs locaux, il va falloir que dans les jours, dans les mois et les années à venir, qu’on fasse recours à l’expertise étrangère. Alors s’il y a déjà des gens chez nous, des personnes bien formées chez nous, qui vont faire face à ces services-là, moi je pense que c’est une très très bonne chose », a-t-il insisté.
À travers cette prise de position, le Syndicat national de l’éducation apporte son soutien à l’introduction de la session de rattrapage au baccalauréat. Pour l’organisation syndicale, cette mesure contribue à rendre le système d’évaluation plus équitable tout en tenant compte des réalités sociales auxquelles sont confrontés les candidats.

