Le président Mamadi Doumbouya, a récemment nommé Mariama Ciré Sylla ministre de l’Économie, des finances et du budget. Elle devient ainsi la deuxième femme à diriger ce portefeuille stratégique, après Malado Kaba, qui avait occupé les fonctions de ministre de l’Économie et des Finances entre 2016 et 2018. La fusion de ces départements et le choix porté sur une femme pour piloter ce ministère élargi ont été favorablement accueillis par plusieurs acteurs du monde économique.
Parmi eux, l’ancienne ministre de l’Économie et des finances, Malado Kaba, a exprimé son soutien et son enthousiasme à l’égard de cette nomination. « C’est une très bonne chose. Je pense qu’il était grand temps que nous ayons à nouveau une femme à la tête d’un ministère aussi stratégique pour l’économie du pays. Le rôle du ministre des Finances est crucial pour la gestion des ressources publiques, et c’est un défi de taille. Mais je suis convaincue qu’elle est parfaitement équipée pour relever ce défi », a-t-elle déclaré.
Abordant le contexte macroéconomique actuel, l’ancienne ministre a insisté sur l’importance d’une vision claire et d’actions cohérentes. Si elle reconnaît que la situation macroéconomique de la Guinée est relativement favorable, elle estime toutefois que cela reste insuffisant. « Il est important d’avoir une vision claire et bien définie pour guider le pays vers une transformation réelle. Il ne suffit pas de se contenter d’une bonne situation macroéconomique. Il faut une action stratégique et une politique cohérente capables d’offrir des résultats concrets aux Guinéens », a-t-elle souligné.
Pour l’économiste, l’un des principaux défis qui attendent Mariama Ciré Sylla demeure l’accélération du développement du secteur privé. « Nous savons tous que le secteur privé guinéen fait face à des difficultés majeures. Il existe encore des freins structurels qui entravent sa pleine croissance. Il est impératif de mettre en œuvre des réformes audacieuses et efficaces pour encourager l’entrepreneuriat local et attirer les investissements. Le pays ne pourra pas se développer durablement sans un secteur privé fort », a-t-elle estimé, tout en exprimant l’espoir que la nouvelle ministre et son équipe sauront créer un environnement propice à la croissance des entreprises et à l’innovation.
La gouvernance et la transparence budgétaire figurent également parmi les priorités évoquées par l’ancienne ministre. « Les questions de gouvernance et de transparence budgétaire sont essentielles, d’autant plus que nous avons connu un recul sur ces aspects. À mon époque, de gros efforts avaient été consentis pour rendre publiques certaines données, notamment celles relatives aux marchés publics, aux taux de gré à gré, à la dette extérieure. Il est crucial de renouer avec cette dynamique de transparence, car elle est fondamentale », a-t-elle rappelé.
Malado Kaba a enfin insisté sur la dimension de redevabilité dans la gestion des finances publiques, soulignant que Mariama Ciré Sylla aura désormais la responsabilité de fonds appartenant à l’ensemble des Guinéens. « Il est donc essentiel qu’il y ait une véritable redevabilité dans l’utilisation de ces fonds. C’est une mission immense, mais je suis convaincue que Mariama saura l’assumer avec sérieux et responsabilité », a-t-elle affirmé.
Malgré l’ampleur des défis, l’ancienne ministre se veut confiante. « Je suis convaincue qu’elle est prête à assumer cette lourde responsabilité. Elle possède les qualités nécessaires pour faire face aux défis et pour engager des réformes efficaces. Elle maîtrise parfaitement ces dossiers et sait ce qu’elle doit faire. Nous sommes là pour la soutenir », a-t-elle conclu.
